La Conspiration dépressionniste

Le sirop coule à flot chez nos éditeurs

18 Jan 2014


La gauche aussi a le droit d’avoir un sujet rentable. Grâce à la crise érable, on a enfin notre propre mai 68 – sujet sur lequel on pourra éditer des choses pour les 40 prochaines années ! Changer le monde livre par livre : quelle belle initiative. C’est avec fierté que nous tenons à féliciter ici l’ensemble des éditeurs qui ont inondé les librairies de carrés rouges depuis le fameux printemps.

 

1- Le souffle de la jeunesse, Écosociété
On attendait avec ferveur le dernier des éditions Écosociété pour savoir exactement quoi penser sur la question du mouvement érable. Que. Du. Pur. Courage. En prime, ils ont eu l’originalité de demander à GDN (notre Daniel Cohn Bendit national) d’écrire la postface. La vraie affaire!

 

2- Dictionnaire de la révolte étudiante, Mariève Isa- bel et Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte,
Tête [première]
Un dictionnaire ludique? Ben oui! et quelle belle façon de tirer son épingle du jeu dans la panoplie d’ouvrages publiés sur le sujet! Dans l’histoire de l’humanité, on retiendra ceux qui auront signé une entrée (pas plus de 118 MOTS madame) dans cette anthologie du bon goût. On y retrouve les plus grands intellectuels québécois, de Claudia Larochelle, à Fred Pellerin en passant par Marc Cassivi. Tout le monde en parlera !

 

3- Carré Rouge, Jacques Nadeau, Fides
Grâce aux images de Jacques Nadeau, on peut voir enfin que malgré la violence des 2 parties (parce qu’il y a TOUJOURS 2 côtés à la médaille), il peut y avoir du beau qui émerge du laid ! Un bel exemple de dialectique !

 

4- Le printemps des carrés rouges, André Frappier, Richard Poulin et Bernard Rioux, Éditions M

Les éditons M (militantismes, marxismes, mouvements, mobilisations, mashmolow) sont de véritables champions dans les livres qui amènent les citoyens ordinaires à se poser de belles et vraies questions. Pour ceux qui n’ont jamais lu de théories critiques postmarxistes et qui n’ont pas mis les pieds dans la rue depuis 25 ans, ces vieux de la veille tout-terrain observent pour nous « la mise en place de nouveaux espaces non seulement pour com- prendre le monde, mais aussi pour le changer. » Bravo! Parce qu’on ne va tout de même pas réduire Marx à Staline!

 

5- Année rouge. Notes en vue d’un récit personnel de la contestation sociale au Québec en 2012, Nicolas

Langelier, Atelier 10
Alors là, quand une réflexion est profonde et fondamentale, les youppistes se doivent de le souligner. Il en est ainsi de ce merveilleux opus de la maison d’édition de Nouveau Tata. Ce titre est un incontournable pour tous ceux qui, comme nous, savent qu’avec un peu de volonté, même les gens ordinaires arrivent à écrire plus d’un livre. Un bel exemple d’espé- rance.

 

6- Printemps spécial, Collectif, Héliotrope
Cette maison d’édition est connue au Québec pour ses prises de position audacieuses par le passé, sur un ensemble de causes, allant des motels à la poutine. On n’est donc pas surpris de constater qu’ils publient un livre sur la grève de 2012. En tout cas, on ne pourrait pas les traiter d’opportunistes qui utilisent un conflit dont ils se câlissent éperdument dans le seul but de mousser les auteurs minables de leur maison d’édition. Oh non !! Félicitations !

 

7- Les dessous du printemps étudiant, Gérard Beau- det, Nota bene

Les DESSUS du printemps étudiant ne sont pas un mystère pour ceux et celles qui ont par- ticipé aux grèves et aux manifestations. Mais qu’en était-il des DESSOUS ? Oh dieu merci ! Gérard nous les dévoile enfin ! Et c’est émoustillant ! À lire juste après 50 shades of gray!

 

8- Le Printemps québécois. Une anthologie, Maude Bonenfant, Anthony Glinoer et Martine-

Emmanuelle Lapointe, Écosociété
Ce livre est vraiment génial car, il reprend des textes et des images qui ont circulé partout et tout le temps durant la grève. Wow ! On peut les relire pour la 137e fois ! Mention spéciale pour l’originalité !

9 -Les Pantins de la destruction, Paul Chamberland,

Poètes de brousse

Le titre aurait pu être Les Marionnettes du malheur, ou encore, Les Maîtres du monde en feu, ou encore, Les Puppets de l’aveuglement, ou encore encore, Les Chevaliers de l’apoplexie qu’on n’aurait pas autant saisi la subtile métaphore qui correspond parfaite- ment à l’aliénation des citoyens endormis de nos sociétés pas gentilles et malades qui sont décrites dans ce livre. Bref, ce n’est peut-être pas le meilleur livre publié ayant pour thématique le conflit-érable, mais il remplace aisément un somnifère. Comme on dit : ya du bon dans toutte !

10- Je me souviendrai. 2012. Mouvement social au Québec, Collectif, La boîte à bulles

Quelle merveilleuse idée d’utiliser la BD pour illustrer cette grève qui n’en finit plus de susciter idées et imagination. Il paraît que le collectif voulait initialement partir une com- pagnie de yogourt à saveur «printemps érable», mais ils se sont dit qu’un livre de BD était plus winner. Et cela, pour notre bonheur à tous !

11- Fermaille, Collectif, Moult Éditions
Vous aviez mis la main gratuitement sur les 12 numéros de cette revue de poésie ? Hé bien Moult Éditions vous offrent la possibilité de payer pour la même chose ! En prime, une 1250e reproduction des images (en noir et blanc s’il vous plaît !) de la Montagne Rouge. Géant !

12- Terre des cons, Patrick Nicol, La mèche
Comme les critiques qui vont toutes dans le même sens, on ne l’a pas vraiment lu, mais on est certain que c’est vraiment bon. Remplace avantageusement la lecture d’une boîte de céréales.

« À paraître »

Le printemps érable c’est bien beau, mais les Indiens Marie- France ?!, Serge Bouchard, Boréal.

Le printemps québécois consommé, Heat and Potter, Atelier 10 ou Éditions Quebecor.

Lettre à mon psychiatre, Lucien Bouchard, Éditions Quebecor.

Mes 1400 textes radicaux et vraiment engagés sur le prin- temps québécois, Marc-André Cyr,
Éditions Voir.

Tourner en rond, Simon Jodoin, Éditions Voir.

Petit manuel d’auto-promotion intellectuelle en contexte printanier, Normand Baillargeon,
Éditions Voir.

Le printemps érable et les chevaux, Marie-Hélène Poitras,

Alto.

AVIS AUX ÉDITEURS QUI N’ONT PAS ENCORE FAIT DE LIVRE SUR LE PRINTEMPS ÉRABLE : Pas fort !!!