La Conspiration dépressionniste

La sottise globale

29 Nov 2010


Heureux ceux qui ne connaissent pas l’inqualifiable écoeurement engendré par une grande exposition aux médias québécois. Il n’y a pas chez nous si mince chroniqueur ou si médiocre journaliste dont la plume ne sévit pas périodiquement dans les journaux, et dont l’omniprésence même n’atteste pas la profonde misère intellectuelle dans laquelle nous semblons croupir collectivement. Pour reprendre la formule de Rosset, la sottise est de nature interventionniste : elle reçoit et émet un nombre infini de messages. Elle parle, et ne cesse d’en rajouter. Partout. Du matin au soir, et à tous les jours de chacune des semaines qu’a jamais fait le bon dieu, elle domine l’espace médiatique en produisant un raz-de-marée de niaiseries, de redondances, de commentaires, repris en cœur par Le Club des Ex, La bande des six, La fosse aux lionnes, Christiane Charrette, Monique Giroux, C’est juste de la TV, C’est bien meilleur le matin et Tout le monde en parle. À notre grand soulagement, une telle cruauté sociale trouverait son explication si l’on apprenait l’existence d’un vaste concours visant à récompenser les interventions publiques bécasses et la production d’une quantité de paroles visant des individus qu’on suppose vivre sans faculté de penser. Nous pourrions ainsi comprendre pourquoi il s’émet autant de platitudes vomitives sans châtiment.

Ce qui est particulièrement irritant dans le mandat du salarié de l’opinion est que ce dernier doit produire sans cesse du discours et mettre son grain de sel dans un océan pourtant excessivement saturé. Quelle étrange raison pousse tous ces finissants en communication ou en journalisme à croire qu’ils peuvent s’autoriser à parler comme un oracle dès lors qu’on leur offre une tribune? De quoi parlent tous ces chroniqueurs, ces francs-tireurs, ces petits ennemis publics, ces commentateurs à la pièce, ces personnages autour d’une table qui encensent des déchets culturels qu’ils consomment la fin de semaine, ces auteurs sans livre qui entendent nous faire revoir nos préjugés moraux, ces hipsters de la plume qui défendent leur condition d’esclave sous couvert d’esprit de contradiction, ces libres penseurs qui changent d’opinion comme on change de sous-vêtements, enfin bref, tous ces mêmes et ces autres qui reviennent chaque semaine nous dire quoi penser de tout et de rien? Il faudrait leur dire qu’il y a des gens qui ne tiennent pas à connaître systématiquement leur avis. Car il semble bien qu’on devient chroniqueur quand on a su s’installer dans un très ferme propos d’ignorer ce qui fait de ce monde un véritable enfer, et que non seulement on est en situation de profiter voluptueusement de la vie, mais qu’en plus, ab imo pectore, on a envie de vous entretenir inlassablement de Sex and The City, du torse d’Obama, du bonheur au quotidien, des places à tapas urbains ou des 19 erreurs de style vestimentaire commises par les femmes après 40 ans…

Il est difficile de trouver de l’information sur l’actualité politique, sociale ou culturelle sans que celle-ci soit préalablement colorée par le filtre d’un interprète. Il est absolument impossible de s’enquérir du monde, de lire les journaux, de suivre l’actualité à la radio, sur le web ou à la télé sans que le propos n’ait préalablement ou a posteriori subit une distorsion de la part d’un individu ou d’un groupe d’individus. On peut comprendre (quoique cela soit contestable) que dans le format qui domine l’espace médiatique, l’information quotidienne doit être simple et se résumer à quelques thèmes marquants de manière à être réduits en une courte séquence ou un court article. Le temps disponible pour que le journaliste puisse faire du bon travail est presque toujours insuffisant; la grande variété des sujets à traiter au fil des semaines nuit à une juste transmission des enjeux; et ces obstacles condamnent d’une certaine manière le propos à une superficialité propice à l’émotivité. Or, si l’approfondissement des sujets traités par le journaliste est si limité par le format médiatique, on ne voit pas alors pourquoi on aurait le temps et l’espace pour accompagner ce premier travail exigeant d’un commentaire épidermique. Si l’on ne peut pas nous fournir un accès de qualité à une première source d’information, à une première « interprétation » rigoureuse d’un sujet ou d’un événement, pourquoi alors toujours accompagner celle-ci d’un ensemble de jugements vagues trop souvent orientés idéologiquement par un spécialiste de l’actualité-bien-comprise. Pourquoi devons-nous systématiquement se taper le discours d’un tiers qui, bien des fois, entretient à l’égard du monde des réflexions de secondaire 4 comme s’il s’agissait de grandes vérités philosophiques ? Considèrent-ils la majorité des individus comme autant de tarés finis incapables de comprendre par eux-mêmes la moindre des choses? Une telle tendance n’est-elle pas infantilisante à long terme? À la limite, on pourrait comprendre en quoi cette stratégie de tout prétendre vulgariser et de niveler le discours vers le bas sert les intérêts mercantiles des médias qui ne proposent pas offrir autre chose que du pur divertissement. Le problème est qu’au Québec, la sottise sévit partout et semble se répandre même là où on serait en droit de supposer qu’elle n’a pas sa place.

Dans les médias prétendument « sérieux », on compte de plus en plus sur un mélange des genres. Quelqu’un disait assez justement que, par exemple, « depuis quelques années, la télévision de Radio-Canada donne l’impression de nous prendre pour une bande de valises. Écrivant cela, j’ai le sentiment d’émettre une évidence. » À la radio de même farine, on constate chez les chroniqueurs un éblouissement aveugle devant les fétiches à la mode : « L’équipe de l’émission de Christiane Charette à la première chaîne de Radio-Canada est complètement dans la fascination, note alors M. Lafrance, qui vient de diriger l’étude Critique de la société de l’information (CNRS Éditions). En ondes, cette émission n’en a que pour Twitter, Facebook, les blogues et le reste. C’est un assujettissement désolant qui évacue trop souvent le sens analytique et critique.» Or, nous pourrions dire que désormais la plupart des lieux médiatiques d’où émane quelque chose comme de « l’opinion publique » donnent l’impression qu’on nous prend tous pour un vrai troupeau de cruches. Quand ce n’est pas clairement l’analphabétisme ou la sottise volontaire qui domine les ondes, la parole est alors donnée systématiquement aux mêmes « experts » de l’opinion dont la fonction est de produire à tout prix du discours sur les sujets les plus chauds – quitte à surfaire un sujet ou à se complaire dans les compliments mutuels. Il semble que nous avons si peu à dire comme collectivité qu’il faille sans cesse professer des inepties pour se convaincre du fait de notre existence.

Le mélange du divertissement et de l’information disons « objective » est quelque chose d’un peu bâtard. On connaît la recette : il s’agit d’attirer l’attention, d’amuser le public tout en présentant des nouvelles fraîches et frappantes. Quelqu’un essaie de défendre une thèse sur un enjeu dit « de société » entre une capsule santé, une publicité à saveur patriotique et la promotion d’un spectacle humoristique. Il n’est pas étonnant de voir ensuite autant de journalistes autrefois rigoureux prendre des allures flamboyantes et se commettre en voulant « créer la polémique » ou « faire l’avocat du diable » sous prétexte de pensée critique. Combien de journalistes, d’écrivains ou de prétendues sommités se sont ainsi discrédités dans les rares espaces de débats et d’idées par l’expression de l’imbécillité la plus stupéfiante? Combien de ces intellectuels autoproclamés se sont-ils calés indubitablement par des discours aussi inconsistants que prétentieux? Des individus étant incapables de cerner les termes d’un débat prennent littéralement leur balourdise pour du génie. On dirait qu’il y a une urgence à prendre part aux hostilités : qui est pour, qui est contre? Un tel est pour cette semaine, l’autre est contre le mois suivant, et ils se donnent la main pour changer de place. Mais qu’est-ce qui contraint donc tous ces individus à devoir prendre à tout coup position sur des enjeux dont ils ignorent plus souvent qu’autrement les tenants et les aboutissants?  Dans le pire des cas, le propos est parfois si aberrant, si énorme et si terrassant qu’il fait systématiquement reculer à lui seul « les étoiles et le dictionnaire ».

Il n’est pas nécessaire d’avoir écrit une thèse sur Tocqueville pour comprendre que si la liberté de presse est une condition absolument nécessaire de la liberté dans la démocratie, elle ne saurait néanmoins en être la condition suffisante, et cela, dans la mesure où elle est parfois l’alliée objective du despotisme doux exercé à la fois par l’opinion publique et le pouvoir oligarchique. En ce sens, bien que nous soyons habitués au type de bavardage niais que nous renvoient les médias, une question demeure pourtant toujours sans réponse : est-ce que l’expression d’autant d’âneries sur les tribunes pourrait au final avoir des effets néfastes et inattendus sur le corps social? Le janotisme ressemble parfois si bien à l’intelligence que nombreux sont ceux qui s’y méprennent. On tombe tous dans le panneau à un moment ou un autre. Puisqu’on fait la morale avec n’importe quoi sur les tribunes, et parce que toutes les opinions se valent dans la cité médiatique, il suffit donc, à celui qui veut tirer son épingle du jeu, de faire appel au bon sens [de plus en plus obèse] des Québécois pour être autorisé à cracher sans vergogne au visage des idées. Face à ce cailletage ininterrompu, on en vient à envier le silence dont jouissent les sourds.

On voit mal comment, dans le contexte actuel de convergence médiatique et d’assujettissement aux lois du marché, un chroniqueur pourrait à la fois se prétendre vraiment libre, s’autoriser à faire la morale et participer du même coup à cette grande hypocrisie publicitaire qui est l’environnement de toute pensée exprimée dans les médias reconnus. Tel chroniqueur qui travaille au journal Voir, pour ne donner qu’un exemple, n’est pas crédible lorsqu’il s’autorise à juger dans les pages du torchon qu’il représente ce qui est (ou non) «un magnifique exemple d’intégrité, de décence, et surtout, une leçon de classe». On ne peut que déplorer que l’auteur de cette belle formule ne s’embarrasse pourtant pas de ces questions quand vient le temps (à chaque semaine) de faire la plume de service pour un publisac qui a perdu depuis des lustres déjà son intégrité et sa dignité. En fait, le Voir n’est pas – d’abord et avant tout – un hebdo culturel. Sa prétention à s’occuper d’art et de culture n’a d’égal que sa propension à passer sous silence son principal message : vendre toutes sortes de choses associées de près ou de loin avec le domaine du « culturel ». Le Voir est ainsi fondamentalement publicitaire. La conception de la culture dont il est question dans ses pages est idéologiquement orientée car elle réduit toute considération d’ordre « culturel » aux seules propriétés de la consommation et de la diffusion. Le contenu des pages de l’hebdo qui pourrait être considéré comme relevant exclusivement du domaine culturel (littéraire, artistique, politique, philosophique, etc.) repose fondamentalement sur des visées commerciales. De fait, la structure même du journal se caractérise par une relation asymétrique entre le non-contenu (la publicité) et son contenu (les textes). Le résultat est évident : le journal est envahi de publicité au point où l’on en oublie la présence des textes. Le Voir est un journal où la quantité de pub excède amplement les capacités réceptives des lecteurs. Ainsi, prétendre faire entendre une autre voix à travers de ce bruit dominant, écrire son journal intime et étaler ses états d’âme à travers un catalogue dont le contenu repose essentiellement sur l’argent investi par les annonceurs n’est pas sérieux. Pour retourner contre lui-même cette autre formule écrite par un tel chroniqueur de Québec: « Voilà comment on dit fuck you quand on dispose du minimum requis de dignité »!  

Le plus grave dans cette histoire est qu’il se dit toujours et partout la même chose. Quand un sujet est bien chaud, tous les médias viennent battre le fer avec le même impact et les mêmes résultats prévisibles. Comment expliquer l’apparente corrélation entre l’abondance de commentaires et la pauvreté des idées exprimées? En fait, la culture médiatique québécoise souffre probablement de consanguinité intellectuelle.  Non seulement les questions auxquelles elle entend offrir des réponses, aussi provisoires soient-elles, sont souvent mal posées, mais ce sont toujours les mêmes personnes qui répètent inlassablement les mêmes choses sur les mêmes sujets avec ce ton également convenu et à la longue intégralement liquéfiant. Ce phénomène qui a été nommé si justement « l’opinion de la marmotte » témoigne à lui seul du fait que les médias ne veulent pas vraiment faire dans la diversité d’opinions, contrairement à ce que certains disent, mais préfèrent de loin se complaire dans un spectre limité d’opinions où le radotage a pour méfait d’abêtir tout un troupeau: « 7 millions six cent mille âmes peuplent la Belle Province, une petite société certes, mais quand même! 7 millions et demi de personnes et j’ai pourtant l’impression qu’il n’y a que 7 personnes et demie qui ont le droit de cité. » Cette situation incestueuse a ceci de troublant qu’elle rend manifeste le manque d’appétit d’un monde affligé cependant par la famine et réduit à se nourrir de ses ordures.

Il faut bien admettre que le mépris n’est pas toujours là où on pourrait le penser et qu’il n’y a pas que Jeff Filion et les Grandes Gueules qui flirtent avec la poubelle. Car faire croire sérieusement aux pauvres gens que Richard Martineau, Marie-France Bazzo, René Homier-Roy, Catherine Perrin, Mathieu Bock-Côté, Lizza Frulla, Fabien Desglise, Nathalie Petrovski, Jacques Fugère, Catherine Pogonat, Manon Dumais, Thomas Leblanc, Nathalie Grégoire, pour ne donner ici qu’une infime portion des noms qui figurent au firmament des grands devins, sont de splendides esprits dont les vues et les jugements témoignent d’une profonde érudition et d’un impressionnant mélange de bonne foi, de prudence et de sagesse – revient au final à les prendre pour d’incurables handicapés mentaux. Il faudra un jour proposer sérieusement l’idée d’un devoir de retenue de la part des gens qui répandent à tous les vents leurs approximations noétiques. En pesant l’une ou l’autres des innombrables opinions disponibles sur le marché médiatique, on en vient à la conclusion qu’avant de se prononcer sur un sujet et de trancher entre deux options également épaisses, il serait plus qu’agréable que l’individu qui tient la plume ou le micro ait pris d’abord le temps d’approfondir la nature des enjeux et des arguments impliqués par le débat dont il fait ses frais. Dans bien des cas, cela éviterait pour le moins de polluer systématiquement un espace médiatique déjà bien encombré de cette sottise ordinaire qui fait le pain de nos quotidiens.

À la télévision, s’il faut le spécifier, toutes les chaînes produisent leur lot respectif de contenu médiocre - à commencer par ces publicités qui mettent en scène des individus tout aussi tarés que fascinés par l’univers des biens de consommation. Ressemble-t-on vraiment à l’individu qui feint l’orgasme en apprenant qu’il économisera désormais 0,15 $ sur son café Tim Horton? Arrive-t-on réellement à vendre plus de savon à linge en mettant en scène de flamboyantes andouilles qui trippent sur l’odeur de leur serviette après lavage? S’agit-il bien ici de la représentation que nous nous faisons de nous-mêmes? Doit-on en tirer la conclusion que l’illustration du déni de soi et du mépris social est devenue le modèle par excellence auquel s’identifie le Québécois moyen? Le respect moral de soi le plus élémentaire doit être à ce point déprécié pour que des individus tels que Guillaume Lemay-Thivierge ou Martin Matte enchaînent avec autant de zèle leur âme à des compagnies qui produisent des carrosses d’aciers, et cela sous les yeux ébahis d’un peuple si déchu que nul ne songe à passer le moindre commentaire critique sur le fait que ces vedettes ne le font pas par nécessité alimentaire, mais bien par « choix » !  La publicité comme la sottise avilissent tout ce qu’elles touchent.

Il n’y a pourtant pas que la publicité qui soit cosmiquement déprimante, le choix éditorial et la personnalité des chroniqueurs comptent également pour beaucoup dans ce qui semble être une régression intellectuelle généralisée. Il est devenu impératif d’être cool et de se mettre en scène – quitte à dire n’importe quoi. La forte tendance narcissique chez certains chroniqueurs ne masque pas la pauvreté de leur esprit. La pression sociale qui conduit les individus à se soumettre aux stratégies les plus bêtes pour arriver à leur fin est ce qui, au bout du compte, permet à l’ordre dépressionniste d’étendre son emprise sur nos vies. Si les réflexes égoïstes et stupides de survie sont valorisés par les médias et la publicité, c’est parce qu’ils sont présents à même nos rapports sociaux, et ce, jusque dans les détails les plus anodins.  Et si le discours professé par un individu présuppose qu’il n’aurait rien pu arriver de meilleur à celui qui le tient que d’être justement lui-même, et que depuis cette position il entend faire la morale, alors il faut refuser catégoriquement d’être ainsi tenu pour de parfaits imbéciles.

Rien ne justifie les âneries auxquelles le public québécois est confronté. La sottise médiatique n’est finalement que l’illustration d’un mal dont personne ne parle : l’insouciance et l’irresponsabilité morale des médias. Dans un tel contexte où le sort fait aux plus démunis et les grands débats de sociétés intéressent moins que les applications du iPhone, il ne fait aucun doute que toute personne normalement constituée ne peut que développer en silence un dégoût amer et une colère sèche. Devant aussi peu de considération, on ne peut faire autrement que cultiver un profond sentiment d’indignation. Le refus de toute cette sottise est le moindre geste que l’on puisse proposer. 

Selon la législation canadienne, les articles 128 et 122 de la seconde partie du code canadien du travail, « un employé peut refuser d’effectuer un travail lorsqu’il a des motifs raisonnables de croire qu’il est dangereux pour lui de travailler dans le lieu ou que le travail constitue un danger pour lui-même ou un autre employé. ‘‘Danger’’ est défini comme étant une situation, une tâche ou un risque - existant ou éventuel - susceptible de causer des blessures à une personne qui y est exposée, ou de la rendre malade, même si ses effets sur l’intégrité physique ou la santé ne sont pas immédiats, avant que, selon le cas, le risque soit écarté, la situation corrigée ou la tâche modifiée. Est notamment visée toute exposition à une substance dangereuse susceptible d’avoir des effets à long terme sur la santé ou le système reproducteur ». Il s’agit du Droit de refus dans le cadre du travail. Dans la mesure où, dans un tout autre contexte, il serait possible de démontrer qu’on a des motifs raisonnables de croire qu’une surexposition à la sottise médiatique est dangereuse d’une manière ou d’une autre pour les individus concernés, et que l’on puisse également indiquer concrètement comment une telle situation est susceptible de rendre malade, il serait intéressant de faire valoir un droit de refus inusité mais tout autant légitime. Mais comme on peine encore à faire valoir la dépression et le burn-out en tant que pathologies résultant de contraintes sociales ou institutionnelles, toute proposition qui va en ce sens n’est qu’une boutade. Puisqu’il est presque impossible d’échapper à cette sottise omniprésente, et qu’il n’existe pas d’espace juridique ou politique où il serait possible de défendre sérieusement ce droit, on peut toutefois se consoler en écoutant une bonne émission de cuisine.

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1-Des sujets comme ça ne s’inventent pas. Ils sont tous tirés de l’émission de Christiane Charrette ou de la chronique de Dominique Bertrand à Radio-Canada : http://www.radio-canada.ca/emissions/lapres-midi_porte_conseil/2009-2010/chronique.asp?idChronique=108066 .

2-Jacques Keable, On l’a pas lu mais on sait quoi dire, publié dans Le Devoir, 20 juin 2008. Disponible ici : http://www.vigile.net/On-l-a-pas-lu-mais-on-sait-quoi .

3-Collette Brin, L’ère du reporter-machine, Le Devoir, 25 Mars 2010. Disponiable ici : http://www.ledevoir.com/societe/medias/285696/l-ere-du-reporter-machine 

4- On a même vu des Québécois à ce point prétentieux qu’ils écrivent « intellectuels » avec un grand « I » quand vient le temps de faire une déclaration publique. On vous assure, après lecture, qu’il n’y a malheureusement aucune corrélation entre cette auto-proclamation majusculesque et la pensée avec un grand « P ». http://www.quebeclaique.org/2010/03/declaration-des-intellectuels-pour-la.html

5-  Pathétique exemple, le fameuse objection du sein de la Marianne que Christian Rioux à servi à Charles Taylor et Jocelyn Maclure sur les ondes de radio-canada le 10 mars 2010, autour de 25 :50 du document audio qu’il faut écouter au complet et qui est disponible ici : http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/archives.asp?date=2010-03-10

6-  Voir le texte des philosophes-chrétiens-à-la-retraite : « Un plan de lutte contre l’homophobie méprisant pour la population » Le Soleil, 9 janvier 2010.

7-  Ce commentaire est bon également pour les revues similaires, dont Urbania et Night Life.

8-  Selon Pierre Paquet, président éditeur de Voir Communications inc.,  « …chez nous, le volume de pub décide du volume de publication ». Autant dire que, plus il se publie d’insignifiance en ses pages, plus le « véritable » contenu risque de s’y noyer. Il suffit de parcourir l’hebdo une seule fois pour se convaincre que trop de pub tue non seulement la pub elle-même, mais que ce surcroît d’insipidités éclipse totalement le reste.

9- http://actualites.ca.msn.com/national/rc-article.aspx?cp-documentid=22479449