La Conspiration dépressionniste

La province des Ti-counes

25 Oct 2008


Parfois des gens remplis d’optimisme, nous demandent des explications publiques quand on ose affirmer que le Québec est une province de Ti-counes. Pourtant, la réalité de cette affirmation nous apparaît en pleine face chaque fois que l’on ouvre nos quotidiens plates, la radio d‘État, TVA ou les sites de nouvelles sur Internet.

Un des principaux furoncles de la maladie mentale des Québécois est cette véritable fascination pour les vedettes américaines sans envergure qui viennent fouler le sol québécois de leur orteil grossier. Il suffit en fait que n’importe quel clown de la machine hollywoodienne vienne montrer son cul sur les pentes de Tremblant ou tirer des oiseaux à Anticosti pour que la horde de journalistes compétents utilise du temps réservé à l’information pour nous révéler ce fait. On le raconte avec tant d’excitation qu’on pourrait croire qu’ils assistent chaque semaine à quelque chose du type de l’invasion britannique. La question qui se pose automatiquement à tout individu normalement constitué est : les médias nous prennent-ils vraiment tous pour des dégénérés mentaux?

Il y a quelque temps, des fans et des journalistes en délire s’étaient réunis devant un hôtel du Vieux-Montréal, afin d’apercevoir la starlette Paris Hilton qui y logeait. Comme si on ne s’en calissait pas, la vedette américaine avait déclaré qu’elle aimait Montréal, avant de s’engloutir dans un véhicule utilitaire sport et de se diriger vers une boîte de nuit, 100 mètres plus loin, où elle devait agir en tant qu’hôtesse. Selon nos professionnels de la presse canadienne, 500 personnes auraient attendu l’andouille américaine devant le Tribe Hyperclub qui l’avait embauchée à cette occasion pour faire le bibelot de service (en échange d’un salaire tournant autour de 80 000$), permettant ainsi au club d’obtenir de la visibilité auprès du jet-set international.

Et puis, Paris est revenue récemment hanter Montréal pour confirmer une fois de plus notre bêtise hadale. Elle faisait cette fois acte de présence dans une boutique de la rue Ste-Catherine dans le but de publiciser la sortie de sa nouvelle collection de chaussures. Il a été dit par nos esclaves-du-fait-quelconque que les admirateurs « hurlaient de manière hystérique ». Il semblerait que certains des Québécois (qui comptent sans doute parmi les plus avisés de la province) étaient sur les lieux depuis cinq heures du matin à attendre que la blondasse la plus stupide au sud du pôle Nord leur apparaisse comme la sainte vierge, déviergée il va sans dire. Le pire est que des journalistes compétents ont disserté sur le fait que des fans avaient amené leurs chiens semblables au Tinkerbell de l’héritière de papa Hilton. Comme dirait la grosse tarte à Bombardier : Ouf !

Cette semaine, ce fut le tour de Halle Berry de servir de veau d’or. Quand bien même elle aurait paradé dans quelques navets américains, qu’elle ait un chum d’origine québécoise ou qu’elle croit avec conviction que la beauté est intérieure, qui d’autre qu’Anne-Marie Losique et les amatrices épaisses de Sex And the City intéresse-t-elle vraiment? Le fait que cet événement insignifiant monopolise plus qu’un dixième de seconde l’attention des journalistes témoigne à quel point de nos jours, le contenu journalistique est rendu loin dans sa régression vers l‘époque Néandertal.

Le point est que ces quelques faits attestent du niveau objectif d’inintéressance de notre culture médiatique. Au service du banal totalitaire, ce type de journalisme people remâche du fait divers à en rendre malade Aesculapius. Doublée de l’incontinence des Québécois à chaque débarquement d’étoiles américaines, cette désinformation atteste de l’appétit du peuple pour tout ce qui l’infantilise.