La Conspiration dépressionniste

 

Ceci est une introduction

14 Jul 2009


 «L’amour est un guerrier

Le soldat de l’adversité

Nous saurons le comprendre si nous le voulons

Il suffit seulement qu’on le fasse ensemble…»

- Philippe V, épître aux ontariens

 

L’aube n’arrive jamais seule, avec elle les promesses d’un monde nouveau viennent déflorer l’horizon. Mais ce que l’on prenait pour le soleil salvateur et copulateur du vrai ne l’était pas. L’espoir qui s’affirme dans la volonté du changement a déjà été trop souvent violé. L’histoire des révolutions nous répète que le pathétique du concret met dans le cul les vues de l’esprit. Tout essai de recommencement semble perdu d’avance ou condamné à errer interminablement dans une immense saucisse hot-dog pas cuite. Les créations des révolutionnaires au scrotum sale sont plates et faussement rayonnantes. Il faut laisser les salons de bronzage à ceux qui rêvent de soleil en can et d’amour de leur prochain. Dans le monde artistique, il n’y a que du: « voilà » et puis vient le reste. La différence entre l’art de merde et l’art dans le coup n’existe pas en soi. C’est un construit boueux pour les nouveaux paddés en bottes de pluie rose, un long chemin alchimistique en pyrite; et cette chose est toujours insaisissable comme les volutes de fumée d’une Peter Jackson King Size. En inscrivant l’expression dans la matière, en imprimant des caractères sur du carton, en poinçonnant des mots dans nos déjections, on se met tout entier à la reproduction de la banalité excrémentielle tout entière. L’artiste dirige ensuite l’esprit en branle en jouant avec ses matières, fait caleçonner, voire jaillir la monotonie radicale et permanente. Ensuite, il rencontre les bonnes personnes et fait les bons gestes. La reconnaissance des faux-culs n’a d’égale que la prétention des anus. Citons en guise d’exemple un artiste reconnu d’une université: « je suis artiste, c’est-à-dire écrivain-slash-performeur-slach-comédien-slasch-peintre-slacshcommunicateur- slassh-muséologue-slacch-gastronome ».

 

Les Cahiers 76439 sont le Raspoutine du tsar intérieur qui se nourrit d’air, de dirty-sex, de patates et de rats. Ils voudront grossir de page en page à force de se gorger de sang et changer de peau, pour finir par s’enrouler en vrille sur l’arbre du non-encore-advenu en cherchant le serpentin infini qui le conduira à la cime de la vacuité. À l’extrême, brillent la sensorialité excentrique et la reconnaissance postérieure. Les Cahiers 87329 sont pour l’union du rêve et de l’action par la gomomisation de la forme et du contenu, dans un monde soumis à l’art du boring. Il s’agit d’une union dialectique promouvant le pouvoir des mots et fondé sur le modèle de l’oignon cuit au four.

Les amas de mots inconséquents qui viennent avec les oeuvres d’art plattes de l’époque dont on lit les trois-quarts en diagonale et dont on se remémore le reste pour simplement garder quelque chose des mots et pour se faire soi-même une image têtue et fière, une image personnelle comme un cinématographe intime en forme de kaléidoscope à pédale où j’étire ma bite et l’enroule autour de la bobine de mon film intérieur, ne rachète pas l’oeuvre. Pas plus que l’univers à signification imaginaire, la projection de fantasmes ou une quelconque interprétation phallico-symbolique du monde.

Par tous les moyens critiques, il faut viser simultanément la destruction systématique de :

1) l’affirmation artistique narcissique

2) la justification de l’affirmation artistique narcissique en des termes confus et sans aucune

explication satisfaisante

 

Par tous les moyens il faut démontrer par l’absurde :

1) le non-fondement de toute chose en art

2) le non-fondement de tout art en chose

Les Cahiers 67 890 sauront à eux seuls (mais aussi avec d’autres) redonner à Pluton le rôle auquel elle aspire en tant que planète à part entière et contenant un centre qui permet la gravité pour ensuite mener l’humanité vers les bonnes idées qui font du bien.