La Conspiration dépressionniste

 

Le grosbonsens

23 Jan 2011


Une autre voie pragmatique est l’option consistant à s’accommoder d’un système social dont la justification serait quand même le mieux-être de ses membres, par rapport à tout autre modèle social disponible, ou ultimement par rapport à l’état de nature lui-même. Cette position hobbesienne est spécialement compatible avec la pensée libérale. Les distributions que l’économie capitaliste effectue des biens socialement créés ainsi que le réseau structurel d’institutions qui l’opère apparaissent ajustés de telle sorte qu’ainsi seulement la mécanique fonctionne. La conscience pragmatique applique alors sa stratégie, sa praxis, sur fond d’un certain détachement réformiste où la légitimité fondamentale de l’ordre capitaliste en tant que « moins pire des régimes » n’est plus questionnée. Ne sont alors acceptées comme fondées que les critiques montrant les endroits de la machine qui manquent d’huile – et à condition qu’elles fournissent l’huile, évidemment.

- Le couteau dans la plèbe, « La Conspiration dépressionniste V »

 

« C’est ce qui arrive quand on se propose de faire avancer une société qu’il faudrait plutôt détruire. »

Évidemment, compte tenu de cet aveu final, je peux aisément concevoir que l’exercice de Générations d’idées semble vain aux yeux des dépressifs. Si l’événement se targuait effectivement de rassembler des gens issus de toutes tendances politiques, j’avoue que la plupart des gens semblaient partager au moins le désir d’améliorer la société québécoise, préoccupation que ne partage visiblement pas les dépressifs, puisqu’ils voudraient plutôt la détruire. 

Pour la remplacer par quoi? Comment s’organiseront les quelques millions d’individus sur le territoire à partir de ce point, la société démocratique étant la meilleure formule que nous ayons développée à ce jour? J’étais curieux d’entendre les dépressifs à ce sujet, je pensais naïvement que j’aurais la chance d’en jaser avec eux le dimanche matin à leur séance de tractage quotidienne.

Malheureusement, ils n’y étaient pas. Trop occupés à fouiner d’autres trucs à discréditer, enfouis sous des tonnes de citations latines, à choisir laquelle coifferait leur prochain pamphlet, allez savoir… Ils avaient aussi refusé l’invitation au sommet, sûrement par peur de prendre par à « une société qu’il faudrait plutôt détruire ». Un jour ou l’autre, s’ils veulent sortir de leur dépression, ils devront bien finir par se montrer le bout du nez!

- Aurea Mediocritas, François Léveillé, «E-mail»