La Conspiration dépressionniste

 

Il faut payer

3 Aoû 2004


 

Le Paraguay était sous le choc lundi 2 août au lendemain de la mort de plus de 340 personnes dans l’incendie d’un centre commercial d’Asuncion dont les portes avaient été fermées pour éviter que les clients ne partent sans payer.

“On continue de récupérer des corps dans la zone des restaurants, de la boucherie et des dépôts. C‘étaient probablement des employés du centre. Il y a au moins 340 morts ici”, a déclaré le commissaire Santiago Velazco, porte-parole de la police. Mais le bilan pourrait encore s’alourdir, selon la magistrate du parquet Teresa Sosa : “Nous avons la confirmation qu’il y a encore de nombreux corps et de restes méconnaissables”.

De plus, selon les services de secours, plus de 300 personnes ont été blessées, dont un grand nombre souffrent de brûlures au deuxième ou troisième degré.

DES PORTES “CADENASSÉES”

Une vingtaine de témoins ont affirmé que les responsables du centre avaient “cadenassé” les portes, avec l’aide d’agents de sécurité, pour empêcher les clients de sortir sans payer, selon le commissaire Velazco. “En 36 ans de carrière, je n’ai jamais rien vu de pareil, des gens morts, des visages désespérés, désespérés de ne pas pouvoir sortir pour sauver leur vie”, a indiqué le policier.

“La majorité est morte par asphyxie après avoir respiré des gaz toxiques (...) Si on les avait laissés sortir, cela n’aurait pas eu lieu”, a déclaré le capitaine des pompiers Hugo Onieva. “Par miracle, j’ai réussi à sortir avant que les portes ne ferment. Ensuite plus personne n’a pu le faire”, a expliqué, sous le choc, un étudiant de 23 ans, Juan Morinigo.

Cette décision a été prise par la direction du centre pour éviter tout pillage, selon une vingtaine de témoins, alors que des pompiers ont essuyé des coups de feu tirés par les agents de sécurité. Selon le porte-parole des pompiers, Roque Gonzalez, après avoir reçu un premier tir, l’un de ses hommes s’est présenté aux portes de l‘édifice en déclarant “Je suis pompier”, mais le garde “lui a tiré de nouveau dessus, sans l’atteindre”.

[...]

Source :www.lemonde.fr, 2 août 2004