La Conspiration dépressionniste

Dialoguer avec des bulldozers

13 Jul 2009


« À l’instant même, la gentrification poursuit son oeuvre de destruction dans le « Nouvö St-Roch » ; par ailleurs, le maire Labeaume vient de dézoner l’Église Saint-Vincent-de-Paul de sorte que le promoteur immobilier puisse enfin détruire son embarrassante façade historique et construire son hôtel dépressionniste. Nous dénonçons une réalité actuellement en train de se faire, alors pouvez-vous nous expliquer en quoi le fait que notre propos ne soit pas tout à fait neuf constituerait une objection ? [...]

Mais expliquez-nous un peu comment il serait possible de dialoguer avec des bulldozers, et nous suivrons à la lettre vos conseils. Nous dénonçons précisément le fait que les grandes orientations de la ville de Québec ont été et sont décidées à huis-clos par l’élite économique de la ville, dans l’intérêt de la classe commerçante, et ce dans l’absence totale de débat et de dialogue. Un maire est allé jusqu’à dire qu’une opposition n’était pas nécessaire à Québec. »

 

- Lettre à Nicolas Dickner, 25 août 2008


 

« Avec les démolitions d'édifices anciens qui se multiplient à Québec, ville prospère, la conservation du patrimoine pourrait devenir un des enjeux clés de la campagne électorale municipale dans la capitale. Le maire, Régis Labeaume, qui n'a pour l'instant aucun adversaire, admet être très agacé par «ceux qui veulent tout conserver, mais qui n'ont aucune idée de ce qu'ils veulent faire avec ce qui serait conservé».

 

M. Labeaume en colère [affirme] : «Au Québec, quand tu ne sais pas quoi dire, tu proposes un centre d'interprétation ou un musée. Ça fait 20 ans que j'entends ça. Il n'y a rien de plus éculé que cette vision-là.» Il poursuit: «Ça n'a pas une crisse de cenne et ça ne sait pas où en trouver non plus», peste-t-il. Selon lui, ces «intégristes» de la protection du patrimoine sont «toujours en train de demander au gouvernement et à la Ville de mettre de l'argent [dans ce domaine], mais ils ne sont pas capables d'aller voir des gens du privé, des mécènes». Il est certain qu'un bâtiment remarquable remplacera le monastère des Dominicains. À Québec, il est temps selon lui de créer le «patrimoine de l'avenir».

 

Édifices anciens dans le couloir de la mort, « Le Devoir », 10 juillet 2009

http://www.ledevoir.com/2009/07/10/258518.html