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Ô Cranada · 15.12.04


Transpiration in extremis, devrais-je, un long silence, mes lèvres bougent, un son sort, son contenu: Oui, je le veux. Mon mariage d’il y a quelques semaines n’est en rien semblable à la décision que j’ai prise à savoir devenir collabo de la Conspiration Dépressionniste, Chapitre Montréal. Et ces deux événements n’ont absolument rien en commun avec l’enfant que ma femme ne portait et ne porte toujours pas en son ventre, malgré nos précautions et l’absence totale et volontaire de tout désir d’en faire pousser. Rien en commun, disais-je, si ce n’est (dans le sens de la Guerre des clans) qu’ils forment à eux trois une annale importante de l’histoire de ce corps qu’est le mien. Annalité qui prendra son sens et son pied avec ardeur, enthousiasme et, bien entendu, avec ce fichu temps qui passe et repasse les chemises fielleuses de mon dégoût. Et à ce dégoût, vous goûterez, chers lecteurs (et leeeectriiiices, de s’exclamer une grognasse enragée, pseudo-féministe, réelle hystérique). Que vous soyez noir, bègue, manchot, juifif, trop pourvu de suif, ou, pire, les cinq à la fois, il n’y aura pas d’excuses. D’ailleurs, vous y goûtez déjà, vous baignez dedans depuis votre naissance. Vous savez, le seul véritable problème des porcs, c’est que personne ne leur a jamais dit que c’était franchement dégeulasse de vivre dans sa propre merde. Moi, je ne vous laisserai pas tomber, je vais tout vous dire. Notre relation aura la richesse et le résultat d’une rencontre entre une grenouille, une fraise et un technicien en biologie, c’est-à-dire des criss de grosses fraises qui peuvent être gardées six mois dans un espace bien aéré. La Post-Modernité, C’est Vraiment Fantastique ou, si vous préférez, LPMCVF, car je peux manger une fraise-grenouille à Montréal en cruisant une grosse Togolaise immigrée au Bénin qui se fait passer pour une Californienne blonde et plantureuse sur un site de rencontre finlandais, tout ça en regardant d’un oeil discret le championnat national de curling afghan. Après cela, chers lecteurs caverneux (ben oui, le char allégorique du vieil hellénique), venez, osez, affirmez que nous sommes paranoïaques ou, pire encore, Néo-Marxistes, et vous vous couvrirez d’un ridicule plus originel que la monarchie parlementaire.



*****

Parlant de goûter, avez-vous roté aux dernières érections fédérales? Car dans notre suçotière démocrasseuse, si vous ne rotez pas, ne vous étonnez pas que l’on omette votre part de râteau. «Ratifie celui qui rote comme à chaque aiguille suffit sa veine.» W. Laurier. «Pour rationaliser, il faut commencer par avoir de l’argent» P. Martini. Ces proverbes fondateurs de notre identité nationale sont au Cranada ce que l’aigle est aux États-Unis et à l’Allemagne Nazie. Ne pas roter, c’est pire que de ne pas gazer. Vous ne l’ignorez sûrement pas, mais je me plais quand même à recélébrer avec vous Le Score D’La Game. Le parti de fesses de Paula Martini (bravo à la première femme élue première ministre, we miss you Kim) l’a emporté bas la main avec une majorité minoritaire majoritairement tarée. Pour venir, si vous n’avez pas roté cette année, répétez-vous pour les quatre ou cinq prochaines années : Aux Érections, Je Rote. Ou, si vous préférez, AÉJR.



*****


Vous savez, au Cranada, il y a beaucoup de villes en «A». Oshawa, Rouyn-Noranda, Alma, Petawawa, Sheila, Wawa et, bien sûr, Ottawa, notre capitale nationale. Si je vous parle d’Ottawa, ce n’est pas seulement parce que c’est la capitale et la seule ville bilingue au Cranada. C’est que j’y suis allé dernièrement, pour célébrer mon mariage. Oui oui, je suis assez cranadien pour partir en voyage de noces dans cette capitale du dépressionnisme concret. Si vous n’êtes pas convaincu qu’il y a conspiration, allez y faire un tour et, tout comme Paulo Coelho, vous comprendrez, pas la même chose, mais tout de même quelque chose. OTTAWA. Allez, dites-le à haute voix :«OTTAWA». Juste à déclamer ces six lettres, je vois… Je vois le Cranada, les Rocheuses, des Sikhs qui swinguent leur turban pendant un show d’Alanis en attendant patiemment le Dalaï Lama; des Chinois qui explosent, des Irlandais saouls, des Anglais qui boivent de la Molson Canadian, mais qui auraient bien aimé une bonne Kokanee parce que c’est de la bonne merde brassée dans les Rocheuses. Je vois des Allemands immigrés en 1946 et qui ont acheté des vergers dans la vallée de l’Okanagan et qui, aujourd’hui, mangent et vendent des pommes en s’en sentant bien heureux; je vois une colline, des drapeaux, beaucoup de drapeaux, un océan de drapeaux laids et Pierre Elliot Trudeau qui jouit, tout drapé de blanc et de rouge; je vois la mer et puis l’autre mer et un vieux rail de train rouillé qui les relie. Je vois Sheila, Paul, Jean, je vois plein de rats. Je vois des chauffeurs de taxi algériens qui ont mangé leur doctorat hier, faute de mieux. Je vois Dumont, Mario Dumont. Je vois Dumont, les yeux pleins de sommeil mais non dépourvus d’amour, qui susurre à l’oreille d’un certain Fillion: «Tu t’en vas déjà». Le couple Dumont-Fillion est pour moi l’emblème, l’archétype cranadien. Je propose même que l’on jette la Constitution pour la remplacer par une photo de ce joyeux couple. Mais Ottawa n’est pas qu’un symbole, une fierté pas trop gaie, c’est aussi une ville. Une ville remplie de gens qui parlent aussi mal le français que l’anglais, une capitale où même les vendeurs de drogue disparaissent au crépuscule. À mon départ, j’étais plein de bonnes intentions, je me disais que la description que l’on fait de cette ville au Québec était une caricature motivée par nos préjugés et un certain racisme à l’égard de nos voisins. Hé bien, non. Tous ces soi-disant préjugés se sont confirmés lors de mon voyage. Ottawa ferme bel et bien à neuf heures et, même un vendredi, il m’a été impossible de trouver un endroit qui groovait plus que le bar karaoké où j’ai terminé ma soirée et je ne suis aucunement adepte de ce genre d’endroit. Je parle, je communique, mais j’oublie l’essentiel. Ottawa, c’est principalement trois choses.

1- Des drapeaux, des drapeaux et des drapeaux. De la tour du Parlement, en une minute, j’en ai compté vingt-cinq et pas des tout petits mignons. L’unifolié est hissé, imprimé, sculpté, imprimé, moulé et prostitué partout et surtout. Vu de loin, on dirait un arbre, un arbre sociétal et rassembleur dont chaque feuille est un building, un chandail, un Parlement, une tasse, une multiethnicité, une grosse criss, un gros criss et leurs gros criss d’enfants et ainsi de suite. Cet arbre symbolise le Cranada, crée, forge, force l’identité cranadienne qui est, somme toute, timide sinon inexistante. Sans Ottawa et, surtout, sans tous ses drapeaux, oubliez le Cranada, la Molson Canadian et tout ce qu’on entend par : identité cranadienne.

2- Le palais royal mais quand même très démocratique du Cranada de la Couronne Britannique, ou, si vous préférez, le Parlement. J’ai fait la visite guidée de ce palais prétendu néo-gothique. La guide était albertaine mais pas très agréable à regarder. Plutôt insignifiante dans ses propos, elle nous a montré et dit plein de choses sur telle pierre poussée à Medecine Hat, sur tel portrait peint par tel moron, tel moron peint par tel rat-triste, telle salle dédiée à l’Empire britannique et telle autre dédiée à l’Empire britannique cranadien. Enfin bref, une belle et longue visite dont le moment le plus magique fut la photographie que ma femme a prise du tableau de P.E.T. et moi. Quelle expérience autochtone!

3- La colline parlementaire. La colline parlementaire est un amalgame typique et atypique des plus doux au toucher. Des manifestations pour la légalisation du pot affichant des slogans tels «Du pot, pas des pots-de-vin, Cups of weed not wine» côtoient gentiment des manifestations pro-vie, néocrétines d’ultra-droite complètement brûlées, aux slogans succulents tels «It was Adam and Eve, not Adam and Steve». Je vous le dis, c’est un endroit magique, bouillonnant de chauds et profonds ébats démocrasseux. Il y a même cette secte chinoise dont le nom m’échappe mais qui est prétendument menacée par les autorités chinoises, secte qui milite tout en fumant du pot et en sauvant des bébés embryonnaires de huit jours. Là-haut, sur cette colline de trois pieds, il y a des danseurs bulgares. En fait, trois danseuses bulgares et un Indien, trois Anglais, une Chinoise, un Bengali, une Suédoise, un Éthiopien et un Cranadien-français qui se font passer pour des Bulgares. Émouvant, non?

«Ottawa, c’est tout ça et bien moins encore.» Vous n’êtes pas convaincus, vous vous dites: «Mais je ne suis pas convaincu, il n’a pas argumenté sa position, à savoir qu’Ottawa serait l’épicentre du dépressionnisme concret»? Hé bien moi je vous réponds que, quelquefois, dans la vie, dans cette vie, il faut avoir le courage de croire, go Terry, go Terry GO, de croire, disais-je, de se laisser, de remarquer, de ne pas avoir peur d’apprécier à sa juste valeur la platitude, l’insignifiance de votre environnement et de vous imprégner du dépressionnisme ambiant. Faites ce saut et, tout comme moi et WestJet vous crierez haut et fort: Ooooh Ottawa et surtout WOW Winnipeg.



P.S. Juste un petit appel à tous, si quelqu’un pouvait me répondre, j’en serais bien heureux. Savez-vous si dans les réunions des Déprimés Anonymes, comme dans les réunions des Alcooliques Anonymes, lesdits anonymes se présentent en disant «Salut je m’appelle Jeanseb et je suis déprimé»? Merci de bien vouloir m’écrire si vous possédez la réponse.





 
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