La Conspiration dépressionniste

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Octobre 2016

Un québec analphabète d’ici 2013


Avril 2016

Une chance que la STM existe!


Décembre 2011

MA VIE ET MON OEUVRE Tome I: mes années de formation


Août 2010

Perles étudiantes


Novembre 2008

Un mail reçu cette semaine


Octobre 2008

La province des Ti-counes

Le Grand Prix


Août 2008

Tel qu'entendu à Radio-Canada!

À Nicolas Dickner


Juillet 2008

Avant-propos


Février 2007

Un esti de trou


Novembre 2006

Contre le Neorhino


Juillet 2005

la confiance en soi (étude commandée par Philippe V)


Avril 2005

Encore un effort


Février 2005

Une autre lettre (non-publiée) à Impact Campus

Nous avons un gagnant!

(unknown)


Novembre 2004

metouleputakuvarle?

Un québec analphabète d’ici 2013

5 Oct 2016



D’ici quelques années, une proposition avancée par l’Académie française devrait permettre le remplacement du mot « analphabète », à peine compris de la population, par « québécois », un mot plus gai qui peut s’écrire avec un K au début et un autre vers la fin. Il ne s’agirait en rien d’une marque de chauvinisme d’une bande de vieux pédés cul-terreux, mais plutôt d’une réaction à l’inévitable retour historique qui se déroule en ces temps au Québec - nous nous analphabétisons à un rythme exponentiel. Le dépressionnisme en sa plus pure forme, c’est-à-dire la multiplication métaphorique du fait d’être con par le fait d’être plate, atteindra son apogée en 2013, année où le Québec presque entier deviendra illettré.


Un souci d’efficacité devrait bientôt nous mener à remplacer la plus de vingtaine de lettres de l’alphabet pour 10chiffres, un signe de pourcentage et un signe de dollar. Ces symboles seront les seuls qu’on enseignera encore, puisqu’il est somme toute important que la population puisse encore utiliser le téléphone pour voter à Star Académie, comparer le coût du gaz entre deux stations se faisant concurrence bien qu’elles appartiennent au même propriétaire, et de s’informer du pourcentage de rabais qu’on offre sur la laitue, comme on nous en informe hebdomadairement par l’entremise de 13 dépliants arrivant chez nous comme des anges annonçant l’apocalypse au jour du jugement dernier. Publisac, petite maison de distribution fondée en 1993, devrait devenir la maison d’édition principale au Québec après l’achat des presses de Transcontinental, dépassant en 1994 le lectorat combiné de toutes les maisons d’édition ayant déjà tenté de faire affaire au Québec. Par comparaison, le succès de la franchise Harry Potter au niveau provincial correspond à peine au tiers des lecteurs rimouskois de la page sept des spéciaux d’Ameublement Tanguay de l’édition du 13 juin de cette année, et à voir les rabais qu’on nous faisait à ce moment-là sur les sofas vibromassants, c’en serait quasiment défendable.


L’académie policière permet déjà à ses étudiants d’utiliser des codes d’abréviations numériques. Il y a encore un problème avec l’identification des plaques d’immatriculation, mais on remplacera bientôt sur celles- ci les lettres par des symboles comme des paires de totons et des pénis que les gens sauront identifier plus spontanément.


Québécor étudie la possibilité de s’efforcer à enseigner la langue, afin d’éviter la perte des revenus de ses périodiques centrés sur les mots. Les classes seraient données par des journalistes qui utiliseraient leurs propres articles comme matériel d’enseignement, et par des célébrités àpeinephabètes qui pourraient partager leurs connaissances de l’écrit en invitant les élèves à participer à un karaoké où la connaissance innée des paroles du répertoire des artistes Spectra et une animation de la boule qui saute par-dessus la consonne chantée pourraient servir comme matériel pédagogique.


L’Internet, contrairement à l’avis des critiques, a permis à une grande partie de la population de communiquer pour la première fois par écrit à l’aide de formes néolinguales créées par le besoin d’avoir à utiliser un clavier sans en comprendre les glyphes. Les mots, réduits à une ou deux lettres, sont les symptômes du dernier effort connu de la part d’une population intéressée à apprendre l’orthographe et la grammaire, efforts subséquemment réduits à néant par la télévision et la radio de Radio-Canada, le ministère de l’Éducation, la mairesse Boucher (qui, lorsque rejointe pour commenter cet article, nous informa que « les citoyens de Québec n’auront pas de temps pour faire de la lecture tant que chaque jeune n’aura pas son aréna ») et CHOI Radio X 98.1 FM qui chaque année, pour célébrer la journée de l’alphabétisation, place en 3e position du Décompte la chanson « Crisse ton poing dans la face du gars qui lit au bar ».


Retournant à un alphabétisme rappelant le temps de l’Égypte pré-jésus-christienne (rappelons que l’Égypte moderne célèbre un taux d’alphabétisme de 79 %, rappelant un temps dont on ne peut pas se rappeler puisqu’il n’eut jamais lieu au Québec), on devrait voir apparaître, tout en s’approchant de l’année 2013, une division sociale accentuée où seuls les avocats, les juges et les estis d’importés de France et de ses colonies (extrapolant les chiffres disponibles au moment où cet article allait sous presse, il est estimé qu’il y aura plus d’immigrants alphabètes au Québec que de pures laines capables de lire un journal de mots en 2009) seront aptes à reconnaître l’écriture et à la recréer.


En 69 ans d’histoire (1944 — 2013), le Québec aura su passer d’un taux d’analphabétisme de 99.9 % à 38.3 % en 1994 (le meilleur pire taux enregistré), à 99.9 % en 2013. Il est d’ailleurs amusant de noter que l’Union Soviétique, comptant également 69 ans d’histoire au moment de sa dissolution, n’arriva pas à faire plus que la Belle Province, si on ne compte pas une victoire contre l’Allemagne nazie, un taux d’alphabétisme de 96 % atteint en une génération, la conquête de l’espace et 61 prix Nobel. Évidemment, on ne peut pas nier que les Québécois avaient plus de fun durant les années Woodstock que les Soviétiques au même moment sous Brejnev.


Enfin, la mairesse Boucher pourra avoir ses arénas, utilisant ainsi à une bien meilleure fin les milliers de mètres carrés de propriétés foncières allouées aux bibliothèques, toutes devenues inutiles après l’instauration des Jours de la lecture célébrés en procédant à la fermeture des bibliothèques le mardi, le dimanche, le vendredi, le mercredi, le jeudi et le samedi (puisque tout le monde sait que les bibliothèques, tout comme le club Exxxcess de la rue Sainte-Catherine à Montréal, ont toujours été fermées le lundi). La province en entier pourra suivre le pas entamé par les villages du Lac Saint-Jean en réutilisant l’énergie combustible des pages de papier plutôt qu’en les recyclant en d’autres manuscrits qu’on ne lira pas plus. Les livres seront transformés en source de chaleur l’hiver et en allume-feu pour les barbecues de tailgate, comme cela deviendra requis par la loi régissant les assemblées de football du nouvellement créé pour l’occasion ministère du plaisir et de la cuisse (l’un n’impliquant malheureusement pas une paire de l’autre).
On regrettera de ne pas avoir pris plus au sérieux les avertissements de cette revue au sujet de ce désastre humanitaire prévisible, causé en grande partie par la vacuité culturelle nous ayant été léguée par les Cowboys Fringants. Peut-être que le Québec n’en serait pas là si on avait suivi à temps notre conseil de les pendre par les testicules1.


C’est ça qui nous arrive quand on se fait dire « c’est ben beau de chialer, mais toi kess tu proposes », et que les gens n’écoutent pas vraiment quand on propose de quoi.


1 La Conspiration dépressionniste, numéro 2 (page 8, 17, 23), numéro 3 (pages 12-16), numéro 4 (en entier).



Une chance que la STM existe!

21 Avr 2016


Youpi! Je fais partie d’un mouvement collectif! Je ne suis pas un individu seul au monde et neurasthénique; grâce à la STM, je suis quelque chose. Elle m’interpelle et je participe assidûment à la prise de décision. Quand je me lève le matin et me dirige vers le métro, j’ai l’impression que je vais avec autrui dans un endroit qui nous, les utilisateurs-payeurs, appartient : le système de transport en commun montréalais est un environnement commun qui émane d’une volonté collective. Cette volonté se manifeste par une série de gestes tout aussi déterminants les uns que les autres. Par exemple, il y a quelques mois, nous – un nous bien sûr diversifié, multiculturel et jovial –, grâce à des sondages, avons choisi le design des nouvelles voitures, un magnifique dégradé de bleu et de gris, et ensuite nous leur avons donné un nom, Azur, quelle activité significative et plaisante! De plus, sur notre site Internet, mouvementcollectif.org, notre président nous parle constamment et nous demande notre avis. Nous interagissons entre nous et nous nous sentons faire partie de quelque chose, que d’allégresse! Ce qui est le plus intéressant dans tout cela, c’est que nous faisons partie d’un mouvement collectif sans avoir à nous parler ou à fraterniser concrètement. Nous pouvons faire l’économie des rapports concrets qui, avouons-le, sont beaucoup trop sollicitants – ils impliquent tellement souvent d’être à l’écoute de la misère de l’autre –, et sont si peu adaptés au monde moderne.

 

Youpi! Grâce à la STM, l’humanité fait preuve de civisme et d’altruisme! Dans toute sa réflexivité, la STM nous incite à manifester de la politesse en cédant notre place aux vieillards, femmes enceintes et autre infirmes. La STM fait littéralement de l’éducation populaire à l’aide d’affiches. Elle nous apprend ce qui est aimable d’être et de faire. Par exemple, en plus de céder notre place, nous, on aime ça : ne pas retenir les portes, recycler et enlever son sac à dos. De plus, pour nous, la propreté et l’hygiène sont essentielles. En effet, la STM nous rappelle constamment qu’il est apprécié de jeter nos déchets dans la poubelle. Et, si la STM ose déplacer ses bacs à ordures et recyclage, elle publicise abondamment ces changements afin que nous sachions toujours où jeter nos détritus. Brillant! Ah, comme il peut être agréable de se savoir différent des barbares, des sauvages et des animaux, nous, humains, qui sommes tellement plus évolués; la preuve, nous pensons constamment à bien gérer nos matières résiduelles!

 

Youpi! Il m’arrive d’avoir des érections sans objet! Quel plaisir aussi surprenant qu’un peu dérangeant! C’est l’aspect un peu tabou du mouvement collectif, mais il y a un gros érotisme latent dans la STM. Tout le monde mate tout le monde inlassablement. Je suis sûr que nous avons tous, de temps à autre, quand on est assis, ou debout, tout seul dans le métro, d’impromptus frémissements dans les parties génitales. Cela fait partie de l’expérience vécue STM. Il y a tellement de promiscuité dans le métro que ça crée nécessairement une ondulation de pulsions érogènes qui, parfois, sans crier gare, saisissent notre corps. La STM est le lieu d’une libido perpétuelle et anonyme qui s’individualise spontanément et momentanément. Ainsi, à l’occasion, il faut manuellement dissimuler le tout à l’aide de son sac ou en plaçant savamment sa quéquette sous son élastique de bobettes, activité inconvenante tout de même appréciable.

 

Youpi! Je suis informé gratuitement! La STM pense à faire de moi un individu qui connaît le monde qui l’entoure, afin, je présume, de mieux y prendre part voilà pourquoi elle a des partenariats avec des publications gratuites d’une qualité surprenante, le 24h et le Métro. Ces deux quotidiens complets, autant le premier, distribué à l’intérieur, que le second, à l’extérieur, une fois la journée bien entamée, traînent partout dans le métro. On peut quasiment toujours en dénicher un à portée de main, par terre ou sur un banc. On a aussi très souvent la possibilité de lire par dessus l’épaule de son voisin afin d’en savoir plus sur l’actualité internationale et québécoise, le monde du sport et le quotidien des stars. Et, malgré cette surabondance de papier, la STM est soucieuse de l’environnement. Tout cela est savamment récupéré afin de produire encore plus d’édifiants quotidiens gratuits. Qui plus est, nous, en utilisant les services de la STM, participons à la protection de l’environnement, tout un ensemble de publicités est là pour nous le rappeler constamment : nous sommes la planète et la planète nous dit merci! Utiliser la STM nous épargne donc le labeur de planter des arbres et le malaise de réfléchir à tout ce que nous gaspillons dans une journée.

 

Youpi! Je suis en sécurité! S’éloigne de moi le cinglant sentiment de peur de l’étranger quand je vois une série d’agents spéciaux de la STM accoutrés à la façon des agents du SPVM surveiller les stations ou, mieux encore, embarquer avec moi dans le train. Cette présence, bien suffisante pour décourager les petits vandales de laisser libre cour à leur comportement délinquant, me rassure énormément et me permet de jouir davantage de moi-même. Ça me donne l’impression un peu absurde que l’air est plus pur.

 

Youpi! Je suis beau et bon! Tout dernièrement, la STM a compris que, tous, nous devions être nous-mêmes notre propre pub. Un individu heureux est un individu qui se publicise lui-même comme une série d’exploits. Le nous-mouvement-collectif-STM fait exactement cela : il se publicise lui-même et pour lui-même son existence comme une série de petites et grandes réussites. Il a créé, par exemple, une mosaïque de faces d’utilisateurs-payeurs afin que nous nous regardions entre nous et que nous nous trouvions beaux, allumés, écolos, etc., et que nous nous aimions. La STM est donc très bonne pour le narcissisme de ses utilisateurs-payeurs : nous sommes tous des vedettes va-t-elle même jusqu’à dire. Difficile de ne pas s’aimer quand on est une vedette. Ultimement, la STM nous permet, à tous, d’être des héros de la vie moderne !



MA VIE ET MON OEUVRE Tome I: mes années de formation

17 Déc 2011


J’ai fait le Diplôme de deuxième cycle en enseignement collégial à l’université Laval. Ma professeurE de psychologie cognitive, comme ils disaient, s’appelait madame Élisabeth, et elle confondait les –ismes et les –istes. Elle aimait beaucoup nous parler de ses stratégies d’enseignement socio-constructivistes. Pour illustrer ces stratégies, elle prenait toujours le même exemple, soit le fait que les trois angles d’un triangle équivalent à 180 degrés. Un jour, je lui ai fait remarquer qu’elle était en train de former des enseignants du collégial, et non des enseignants du primaire; que je voyais mal comment je pourrais faire tenir disons la théorie de la connaissance de Kant dans ses jeux de métacognition interactive. Elle m’a répondu: « Eh bien, n’enseigne pas Kant. »

*****

Ma professeurE de gestion de classe, comme ils disaient, qui avait un doctorat en pédagogie, a déjà pleuré devant toute la classe en nous demandant: « Mais qu’est-ce que je vous ai fait? »

*****

Ma professeurE de psychologie des jeunes adultes, comme ils disaient, était une chargéE de courS très jolie, qui avait toujours des problèmes avec ses powerpoints, et elle nous enseignait des choses fascinantes, par exemple, que les jeunes adultes auxquels j’allais m’adresser se poseraient peut-être des questions sur leur orientation sessuelle (il y avait un schéma powerpoint  avec des flèches pour nous aider à comprendre les différentes combinaisons possibles entre les garçons et les filles, soit, si je me souviens bien, garçon/fille, garçon/garçon et fille/fille), ma professeurE de psychologie des jeunes adultes, qui était assez bien roulée, a commencé le premier cours en traçant la lettre “psy” au tableau, et elle nous a dit la chose suivante: « Je n’écrirai pas toujours “psychologie” au complet, parfois je vais me contenter de faire ce symbole, je crois que c’est un symbole grec. » Alors, j’ai levé la main, je lui ai expliqué ce qu’était la lettre “psy” et quelle était l’étymologie du mot “psychologie”, et j’ai conclu en disant que c’était étrange que je sois obligé de payer 192 dollars pour lui expliquer ce fait élémentaire. Ce faisant, j’ai légèrement réduit mes chances de coucher avec elle, j’en conviens, mais de toute manière au cours suivant elle avait commencé à somatiser son stress et ça la rendait vraiment moins sexy. Au cours 11, nous l’avons évaluée et au cours 12, elle a affiché les résultats sur powerpoint dans un tableau avec des colonnes graduées, ça faisait très scientifique. Les gens, tous des bacheliers au minimum, étaient dans l’ensemble fort contents de son cours, ils la trouvaient super fine. Elle n’a eu qu’une poignée de commentaires négatifs, mais l’un d’entre eux était “extrêmement négatif”, comme elle a eu l’honnêteté de le préciser.

***** 

Ma professeurE de psychologie cognitive, dont je crois vous avoir parlé, madame Élisabeth (qui se demandait s’il fallait dire “nudiste” ou “naturiste”), affirmait souvent qu’il est impossible de se concentrer plus de vingt minutes sur un même sujet;  c’est, disait-elle, la raison pour laquelle les cours magistraux sont une grave erreur, il faut faire varier nos méthodes pour les adapter aux capacités, disait-elle, cognitives du cerveau humain. Un jour, je lui ai fait remarquer que je possédais, du temps que j’étais étudiant, la capacité à me concentrer six heures de suite sur les paroles d’érudits soporifiques assis derrière leur bureau, portant des noeuds papillons et lisant leurs notes avec un faux accent français; que je n’en perdais pas un seul mot; elle m’a répondu: « Toi, peut-être. »

Ce jour-là, j’ai compris que j’étais quelqu’un de spécial.

***** 

Un jour où madame Élisabeth nous expliquait que désormais, il ne fallait plus dire “élèves” mais “apprenants”, parce que le mot “élève” vient d’un univers mental désuet où l’enseignant se prend pour un autre, j’ai levé la main et j’ai proposé qu’on les appelle plutôt des “associés”, comme chez Wal-Mart. Elle a trouvé ça intéressant. 

*****

J’ai eu comme professeuR un homme à la retraite qui travaillait quand même, qui parlait beaucoup de ses expériences et qu’on appelait “buisson ardent” parce qu’il avait deux grosses touffes de poil blanc dans les oreilles. Il disait toujours: « Dès que j’entends l’expression “transmettre des connaissances”, je saute au plafond. On ne transmet pas des connaissances: on transmet des informations. » Il semblait considérer que cette distinction était très pertinente, et j’ai le sentiment qu’il la considérait importante, aussi. Heureusement, la grève étudiante a éclaté après le troisième cours, et elle a duré deux mois. C’était le printemps, j’étais encore jeune et il était très agréable de manifester au soleil en criant « Chou Charest » et « Libérez la Palestine ». Je ne me souviens plus du reste, mais je suis toujours étonné quand j’ouvre le tiroir de mon bureau et que je vois mon diplôme en pédagogie. Je ne comprends pas comment ça a pu arriver: je ne me souviens pas d’avoir fait des examens ou remis des travaux. Je crois qu’ils ont décidé de diplômer tout le monde, parce que la grève avait rendu les choses trop compliquées.

*****

Buisson ardent, exaspéré par mes objections contre la réforme socio-constructiviste, entreprit un jour – c’était un lundi – de la justifier en se réclamant de la maïeutique de Socrate. Il croyait, je pense, me clouer le bec en utilisant mes propres armes. Voici en substance le discours qu’il me fit: « Je ne comprends pas pourquoi vous, les philosophes, vous vous objectez autant à la réforme. Vous devriez pourtant applaudir une méthode pédagogique qui redonne ses lettres de noblesse à la maïeutique de Socrate. En replaçant l’apprenant au centre de l’éducation, nous voulons qu’il pense par lui-même, qu’il “accouche de sa propre pensée”, au lieu de répéter comme un perroquet les lieux communs du passé. Tout comme Socrate guide un esclave dans la résolution d’un difficile problème géométrique, en le laissant découvrir par lui-même ses propres ressources cognitives, nous voulons que les apprenants apprenent à apprendre par eux-mêmes. Où est le mal là-dedans? »

Quand je lui ai répondu qu’en vertu de son propre raisonnement, j’étais autorisé à dire que le problème avec la réforme, c’est qu’elle présuppose que dans une vie antérieure nous contemplions les Idées éternelles, juchés sur des chars ailés, Buisson ardent est resté la bouche ouverte et ne m’a pas répondu.

Je ne crois pas qu’il ait compris ce que je voulais dire.

Yannick Lacroix


 



Perles étudiantes

11 Aoû 2010


Nous nous plaignions en 2006 des effets si néfastes et des efforts si semblaient-ils concertés menant à l’analphabétisation totale de la province. Nous pensions avertir d’une légère pluie; nous avons plutôt subi la plaie de la Réforme de l’Éducation. En voulant « prendre le virage » (pour ne pas manquer la sortie) « du succès », le Ministère de l’Éducation s’est enfin donné un objectif à la hauteur de sa compétence : accroître le nombre de diplômes à imprimer. En commençant par ne plus jamais faire doubler les étudiants qui échouent.

Nous sommes ainsi très heureux de vous présenter ces (véritables) perles d’étudiants de la dernière génération non réformée, qui, comme vous le verrez rapidement, deviendront des souvenirs précieux de notre époque, dernier moment d’érudition relativement partagée.

* * *

« Il ne sera jamais heureux à cause qu’il nage constamment dans le bonheur. »

Au sujet de Marcuse, qui dénonce l’apparition de nouvelles formes de contrôle : « Marcus nous contrôle par la technologie. »

Parlant du sophiste Protagoras : « Comme disait la célèbre Prontagodasme. »

Titre de dissertation : « Socrate est-il coupable des crimes qu’il a commis? »

Dans la même dissertation, en référence au daimon de Socrate : « …Socrate, partisan de Satan… »

« Depuis toujours, l’homme réfléchit, plus précisément depuis le début de l’univers. »

« Le peuple représente environ 65% de la population. »


« La technologie, qui est-elle? Elle est habituellement quelque chose de nouveau, et meilleur que la vieille idée. La technologie a commencé par des voitures, des fourneaux, la télévision, des radios, etc… La technologie est également évidente dans l’enseignement du sommeil. »

« Mais je suis contre le fait que cette pratique [l’avortement] devienne un moyen de contraception. Une grosse partie qui pèse dans ce débat là est sans aucun doute les droits de la mère, cette femme avant tout. Et pour l’autre partie, la fameuse question à savoir si le foetus est bel et bien vivant. »

« Cet acte ne serait pas moralement légitime, mais immoralement légitime. »

« Emmanuel Kant est un penseur important des années-lumière. »
« Cela permet de faire deux pierres d’un coup. »

« Personne ne possède qu’un autre et vice-versa, même les tout puissants! »

« Notre liberté est totalement libre. »

« L’être humain est un individu complexe, rempli de concepts. »

En parlant de Adam et de Jesus : « [...] le lien n’est plus à faire entre les 2 hommes sur un niveau religieux [...] Jésus est mort un vendredi, Adam lui, fût créer un vendredi et Jésus est mort à trois heures de l’aprés-midi, alors que c’est l’heure exacte où Adam a commis le péché originel... »

« Cette une construction qui a été faite pour le Divin, comme c’est le seul qui peut ainsi voir ce qu’il y a sur le toit. »

« Par exemple, un violeur de pédophiles va répéter ce comportement qu’il a subi. »

« On ne peut pas démontrer que la religion existe... »
« Aussi, d’une manière plus générale, la tonalité est assez sombre, mais reste quand même assez claire... »

« Les dogmatiques ne croient pas que les dogmes existent. »

« Comment un être surnaturel peut créer les planètes ? »

« On pourrait classifier Einstein d’un abruti moyen. »

« C’est impensable de relié sa façon de vivre avec un livre (la bible) qui a été écrit il y a des millions d’années... »

« L’art juif se plait également dans l’absence des choses puisque les éléments de cultes les plus importants brillent par leur absence... »

« La fonction de l’art religieux change ici parce qu’il a pour but d’acheter le paradis à Dieu... »

« La religion islamique est une des trois religions qui croient en Dieu, avec le judaïsme et le catholicisme »

« Nous pouvons soulever la cathédrale à Prague afin d’en expliquer l’importance... »

« Selon Hegels, phylosophe idéaliste, il faudrait sensibiliser les athlètes à prendre des produits naturels. »

« Bien entendu certains pourraient dire que cette stratégie n’a pas fonctionnée puisque les Afghans résistent encore aujourd’hui mais comme je l’ai mentionné précédemment, le peuple Afghan est comme un enfant qu’il faut éduquer mais celui-ci résiste à son éducation et cela prouve qu’ils ne sont pas des humains comme nous et qu’ils sont inférieurs. »

« Ce que plusieurs philosophes déplorent ainsi que Rawls dans la théorie de l’utilitarisme, c’est que depuis que nos actes procurent du bonheur ou la maximisation de l’utilité, la vie est belle. »

« Dans ce conflit des valeurs, la nation franco-québécoise ne peut se permettre de perdre ce qu’elle n’a pas pu acquérir. »

« Dans cette partie , nous prendrons un exemple essentiellement intéressant qui est celui de l’inégalité raciale. Plus particulièrement sur le cas noir et blanc dans la société américaine.»

« L’abolition du droit d’héritage n’est plus très important parce qu’en expropriant les propriétaires des terres foncières, on élimine le plus grand danger des héritages. Le fait de confisquer tous les biens aux émigrés ne changerait rien pour le prolétariat. »

« l’unité ne faisant qu’un selon eux … »

« Cette vision propre au pluralisme de Berlin, reflète plus selon moi à un désir utopique des années « peace and love. »

« L’homme n’agit pas par passion mais tout comme un animal en cage, il fait ce qu’ils sait faire tout en restant derrière des bars. »

« Les régimes totalitaires sont de moins en moins populaires. »

« Si Machiavel était vivant , il me répondrait que l’Histoire se répète car les hommes sont guidés par les mêmes passions, il dirait qu’il suffit de regarder la situation entre la Palestine et Israel. Dans ce cas, le conflit est à l’origine de l’avarice et d’intérêt économique pour l’accès vitale a la mer. »

« Pour passer le temps, l’homme crée des outils, ils fait la guerre, ils écrits parmi de nombreuses activités. De fil en aguille ils tissent une nouvelle société totalement artificiels pour qui l’occupation primaire n’est plus de subvenir a ses besoins primaires mais de se fondre une place dans la société. »

« Les philosophes socratiques quant à eux vont porter leur intérêt sur la nature humaine en général et l’être humain en particulier. »

« Il est évident que Marx a une dent contre le capitalisme »

Intro d’un travail : « En observant la nature, contemplant le soleil ou tuant une proie, l’homme s’est souvent questionné. En se questionnant sur le monde qui l’entoure ainsi que à de nombreux concepts métaphysiques, la notion de théorie est apparue »

« Socrate montre que les philosophes seront toujours au dessus des rois car ils ont cette soif de l’apprentissage. À en croire les mots, cette apprentissage serait à eux, ce que le sexe est pour nous de nos jours. »

Le même : « Protagoras fut à son époque très controversé et si nous regardons le monde d’aujourd’hui, je soutiens, sans hésiter, que Protagoras c’est George W. Bush … »
« Pour Socrate, Aristote et les autres philosophes théoriciens, les sophistes n’étaient pas des vrai philosophe parce que pour eu la philosophie était un aspect érotique, tandis que pour les sophistes la philosophie était un commerce. »

« ...nous ne possédons aujourd’hui que la tête, une partie de son membre supérieur et sa jambe, tous deux du côté gauche. »

« ...cette contradiction divine laisse une porte aux artistes juifs... »

« Le système totalitaire est persécuté... »

Parlant de la chapelle des Scrovegni : « Le visiteur a donc ici le temps de trois tours pour se laver de ses péchés. »

« La connaissance humaine avance copies. Donc, chaque erreur nous rapproche de la vérité. »

« D’une même opinion Freud affirmait qu’il n’y avait pas d’arbitraire psychique où dans ce sens, Dieu serait l’arbitre et donc qu’il n’existerait pas. »

« Je pense, donc je sois. »



Un mail reçu cette semaine

6 Nov 2008


Bonjour F.X Uhr!

Ayant envoyé un exemplaire de Québec, ville dépressionniste à la forteresse municipale de la vengeance, je préfère ici garder l’anonymat. J’ai pu, au cours d’un prolixe entretien avec un conseiller de Régis « c’est-vrai-que-ma-ville-est-belle» Labeaume, avancer l’idée de faisabilité d’une autoroute qui, depuis Ste-Foy-les mines basses, emjamberait le quartier Montcalm-plat et ce, jusqu‘à la merveilleuse baie(tons) de Beauport.

Visiblement intéressé, il m’a demandé, avec la plus grande déférence, s’il m‘était possible de monter un comité consultatif…

Sincèrement, j’aurais souhaité qu’il se payât ma tête puisqu’un navet accompli devrait normalement entraîner une action opposée. Cependant, en contexte dépressionniste généralisé, lorsque l’on étale la galette, les scrupules s’estompent…(voir la barrière «tout-va-pour-le-mieux» du pont Jacques Cartier)

Je vous laisse sur cette déclaration fracassante de Grant Wreckage Tower, président du conseil d’urbanisme de Doetown.

«Nous n’avons pas à y réfléchir, nous n’avons qu‘à y croire. Fermons les yeux et avançons»

dépressivement vôtre et proficiat pour votre collectif!

Mariezig!