La Conspiration dépressionniste

L'inconvénient

7 Sep 2016


La totalité des numéros de cette revue d’universitaires et d’auteurs du Boréal pourrait être placée à l’aune de son #10 qui pontifiait sur la « fausse subversion » et dont le principal mérite des interventions était d’être hors-sujet. Les auteurs s’inquiètent de la disparition de l’adulte (#13), dénoncent l’inculture des médias (#12), louent les joies du pessimisme (#15), célèbrent le déplaisir de lire (#3) et s’essaient à la critique non-constructive (#17). Pour un peu, on croirait à une Conspiration dépressionniste diffusée par Dimedia. Mais non, rassurons-nous, ce ne sont que des essais. Tout cela est fait au nom d’un misérable individualisme petit-bourgeois et la collection complète de la revue dessine en creux l’Outremont spirituel du Québec. Parfait pour les filles de bourges qui veulent s’étourdir dans leur chambre en faisant leurs travaux de littérature. Les autres risquent de sacrer en réclamant la réponse implicite que ces textes appellent : la violence aveugle. 


La conspiration dépressionniste #4
, 2005

 

«À partir de ce tropisme, qui semblait alors naturel, entre la gauche et la jeunesse, je n’ai fréquenté longtemps que des gens de même sensibilité, jusqu’à ce que la loi de la probabilité me conduise vers des personnes qui — pour des raisons historiques et politiques extérieures au Québec, ou parce qu’elles étaient nées ici « pour un petit pain » — ont été éduquées ou se sont éduquées à défendre le système capitaliste, la réussite matérielle, apprécient la sécurité, le statu quo politique, n’éprouvent aucun sentiment de culpabilité, mais plutôt de la fierté, à avoir hérité, ou à gagner beaucoup d’argent, et trouvent naturel de défendre des privilèges acquis par les humains qui les ont génétiquement précédés, ou par leurs propres forces.
Ces personnes sont (presque) aussi humanistes que vous et moi, mais au lieu de discuter de progrès social, elles s’occupent de fondations et de philanthro-capitalisme. Leurs soucis d’impôts, de placements, d’investissements me sont étrangers, mais ce qui m’influence est leur indifférence à la peur, à la honte de ne pas être « à gauche ». J’ai ainsi peu à peu compris que la gauche occupait dans ma conscience la place du Bien. »

Monique Larue, La proximité des pôles, dans L’inconvénient #65 : La gauche et la droite : beaucoup de bruit pour rien ?, 2016