La Conspiration dépressionniste

Élections : Lisier en faveur du refus de la divulgation des itinéraires des enveloppes brunes

26 Mar 2013


Le ministre des Relations internationales et du Commerce extérieur, Jean-François Lisier. 

Le ministre responsable de la région montréalaise, Jean-François Lisier, s'est prononcé mardi contre les règlements municipaux qui obligeraient les candidats aux élections, municipales et syndicales, à dévoiler l’itinéraire de leur corruption, de leurs trajets habituellement criminels (fausses factures, corruptions, enveloppes brunes, mensonges et promesses électorales non-tenues) à la police à Montréal et Québec.

Malgré la réserve affichée par la population à ce sujet, M. Lisier n'a pas hésité à plaider pour le caractère raisonnable de cette mesure.

Dès après leur élection, les péquistes s'étaient pourtant empressés de promettre une totale transparence sur ce sujet après l’abrogation du projet de loi 78 qu'ils ont amplement dénoncé durant la campagne électorale. La corruption pratiquée ces dernières années par tous les partis politiques, y compris le PQ, convaincra les plus sceptiques que le poste de ministre responsable de la région montréalaise a aussi son prix qui est de faciliter les trafics d’influence dans ces deux villes.

Profitant de l'impulsion de cette prévisible mansuétude, les autorités de Québec et Montréal n’imposeront à aucun membre de leur personnel, qu’il soit politique, syndical ou policier, la nécessité de divulguer l’itinéraire des enveloppes brunes et les trajets criminel des élus et entendent supprimer ou freiner efficacement toute enquête sur la corruption active et passive si commune dans leurs administrations.

En se rendant à une réunion des députés péquistes à l'Assemblée nationale, M. Lisier et son collègue à la Sécurité publique, Stéphane Bergerien, ont répondu aux demandes formulées par la CAQ et le Parti Libéral au cours des derniers jours pour que la position gouvernementale s'aligne sur celle des deux villes.

M. Bergerien s'est limité à affirmer que les péquistes avaient raisonnablement menti en promettant le contraire mais posés les gestes appropriés lorsqu'ils ont pris le pouvoir par défaut, en septembre dernier, parce qu'ils croient au droit fondamental des élus à accepter toute enveloppe brune.

Le ministre a cependant concédé que la population pouvait juger nécessaire que les policiers obtiennent les trajets des enveloppes brunes avant le départ des mandats électoraux, mais qu’elle n’avait aucun moyen de l’empêcher « puisque nous avons le pouvoir et la police avec nous ». 

M. Bergerien a cependant évité de faire plus de commentaires en rappelant qu'une contestation du règlement montréalais P-69 a été logée devant la Cour supérieure.

Lundi, le cabinet du ministre des Affaires municipales, Sylvain G. Laudateur, avait présenté la même position réservée.

Mais M. Lisier a plutôt conseillé aux élus qui prévoient de défiler devant la commission Charbonneau à Montréal, où les policiers ont effectué plusieurs arrestations récemment, de refuser de donner le trajet de leurs enveloppes brunes aux policiers.

Selon le ministre, il faut la compréhension de tous puisque l'exigence des municipalités est beaucoup moins sévère que ce qui était prévu dans le projet de loi 2666, qui est devenu la loi 3% à son adoption.

 

« C'est absolument raisonnable d’autoriser la corruption et j'implore les élus, a-t-il dit. Une  corruption, ce n'est pas spontané, c'est organisé, c'est appelé à toute heure en politique. Donc, qu'ils donnent l’itinéraire des enveloppes brunes, tout simplement non, et que ça se passe dans le calme ». Le ministre Lisier a précisé que cela le renvoie à son histoire personnelle, « à ma propre conscience, et à ma propre conscience sociale. Cela me renvoie au principe d'exemplarité ».

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