La Conspiration dépressionniste

Ce que la crise m’a appris

20 Aoû 2012


Une autre belle chronique de RICHARD MARTINI

Ce que la crise m’a appris

Depuis quelques jours, je me repose sur le plateau Mont
Royal, loin de Québec, des caquistes, des quatre par quatre,
des regards haineux et des menaces.
Pour la première fois depuis quatre mois, je peux enfin déambuler
librement avec mon carré rouge sans craindre de me faire insulter
ou haranguer.

La paix. La sainte paix.

FEU LE DÉBAT PUBLIC

Dans quelques mois, on va se pencher sur cette période bizarre
de notre histoire récente, et on va se dire : « Coudon, quand est-
ce qu'on est devenus séniles comme ça? Comment expliquer
une telle dérive autoritaire, une telle violence étatique? Le
conseil du patronat a-t-il versé du Red Bull dans les aqueducs de
Québec? Lucien Bouchard nous a-t-il hypnotisés sans que nous
le sachions? »

Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses durant cette
crise.

1) L'extrême droite a la démocratie et le débat public en horreur.
Nos adeptes de Thatcher me font penser à ce que disait
Goëring: "Dès que j'entends le mot culture, je sors mon révolver."
La liberté d'expression, pour eux, ne s'applique qu'à ceux qui font
partie de la sainte famille des chroniqueurs de Quebecor. Les
autres n'ont pas le choix d'être aspirés par le vortex des médias
sociaux parce qu'aucun média corporatiste ne va publier ce qu'ils
auraient à dire.

2) Malgré ses dehors vénaux et affairistes, le petit monde du
showbiz a tendance à être à gauche et tout le monde s'en
sacre sauf Martineau qui, depuis qu'il a quitté le Voir et rejoint
Quebecor, se sent mis au ban de la communauté.

ANALPHABÉTISME

3) Les Québécois sont analphabètes. Ils ne savent absolument
pas faire la différence entre une chronique de Martineau et
une analyse rationnelle. Pour eux, la gauche c'est la violence,
l'intimidation et les fenêtres pétées, alors que la droite c'est le bon
sens, la virilité et le sens des responsabilités. Plus caricatural, tu
meurs. On dirait une revue porno.

4) Les médias corporatistes sont des machines de propagande,
l'équivalent capitaliste de la Pravda en Union Soviétique.
Avant, les gens de droite déliraient sur les plateformes de droite,
maintenant ils possèdent l'espace public au grand complet et
des millions de boîtes crânienne à remplir, ils vomissent sur les
médias sociaux mais croient tout ce qu'ils lisent dans Le journal
de Montréal.

LA MEUTE

5) Il n’y a rien de plus fragile que la paix sociale. Longtemps,
je me suis demandé comment des gens qui vivaient sous un
système social pathologique et qui se détestaient depuis toujours
pouvaient, du jour au lendemain, se vouer une haine mortelle
et se poursuivre dans les rues, machette à la main et bave aux
lèvres.
Maintenant, je sais. Des gens que Martineau croyait être de
bons amis l’ont abreuvé des pires insultes, juste parce que
la convergence de l'Empire Quebecor lui a donné un poids
disproportionné dans l'espace public et qu'il l'utilise pour déverser
quotidiennement son mépris et ses calomnies sur la gauche

québécoise.

6) Il n’y a rien de plus toxique ni de plus dangereux qu’un policier
qui croit défendre l'ordre social.

 

L'ORIGINAL :

http://blogues.journaldemontreal.com/martineau/franc-parler/ce-que-la-crise-ma-appris/

RICHARD MARTINEAU
JOURNAL DE MONTRÉAL, PUBLIÉ LE: LUNDI 25 JUIN 2012, 22H36 |
MISE À JOUR: LUNDI 25 JUIN 2012, 22H39