La Conspiration dépressionniste

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Mars 2015

L’Empreinte : dithyrambe boiteux pour une culture inexistante.

Courrier reçu aujourd'hui


Novembre 2013

La Conspiration youppiste !


Mars 2013

Élections : Lisier en faveur du refus de la divulgation des itinéraires des enveloppes brunes


Août 2012

Ce que la crise m’a appris


Mai 2012

Faisons le choix de la révolution néolibérale !

DIX THÈSES SUR MARTINEAU


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Variation politicienne


Novembre 2011

La Conspiration dépressionniste # 8


Août 2011

Variation sur Montréal


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À propos des gens de Génération d'idiots


Novembre 2010

Ex nihilo nihil fit Sur Génération d’idées


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La Conspiration dépressionniste #7 à Québec


Mai 2010

La Conspiration dépressionniste N°7


Mars 2010

Le N°7 is coming !!


Novembre 2009

Une Jupe Nouvelle Se Lève


Juillet 2009

Les aventures de BERLIN le désenchanteur

Mise à jour


Mai 2009

Marché de la poésie ??

Appui au Centre Social Autogéré

Copain-Copains


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ConsDep : « L'Anthologie »


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Pierre Lapointe, mal-aimé


Juillet 2008

L'envers du décor


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Nouvelles dépressionnistes - Octobre 2007


Août 2007

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Février 2007

En attendant les provinciales


Novembre 2006

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Décembre 2005

LA CONSPIRATION DÉPRESSIONNISTE IV


Octobre 2005

Un message de Phil


Mars 2005

Lourdement, assailli de rêves

Maison Daumal


Janvier 2005

Enquête sur le reflux global


Décembre 2004

Un beau projet politique

Des nouvelles de Phil

L’Empreinte : dithyrambe boiteux pour une culture inexistante.

24 Mar 2015


Critique cinématographique

L’Empreinte (2014).
Caroline Poliquin et Yvan Dubuc
88 min.

V.O. Français.

L’empreinte est un documentaire proposant, dans un esprit de complaisance et d’auto-glorification, une réflexion de surface à propos de l’impact de la présence autochtone sur l’identité québécoise. À qui souhaiterait résumer le documentaire en une seule image, nous suggérons d’imaginer Roy Dupuis dans un champ de vaches tenant dans la main droite une poutine flanquée d’un crucifix et, dans la main gauche, trois plumes d’indien. Le défi du documentaire consiste à trouver une crotte de fromage assez grosse pour pouvoir y planter les trois plumes et réunir ainsi les deux cultures au sein d’une même nature morte, le tout sur une trame sonore signée Jorane. Le raisonnement de fond est d’une simplicité séduisante : les Québécois seraient d’avantage marqué que leurs cousins Français par des valeurs comme l’égalité économique (voire par la haine des riches), l’égalité homme-femme, le consensus, la justice réparatrice et la tolérance. Cela s’expliquerait par les 150 premières années de colonisation au cours desquelles un nombre important des colons français ont adopté le mode de vie du coureur-des-bois, plutôt que celui du paysan agriculteur à l’européenne. Nos «ancêtres» ont ainsi appris les langues, marié les femmes et adopté les coutumes des Premières Nations. Les valeurs de ces peuples égalitaristes, communautaristes et non patriarcal auraient inévitablement laissé une trace sur la tribu (sic) québécoise. La conquête anglaise aurait ensuite tout changé, le regard du colonisateur poussant les Canadiens-Français à renier leur «part sauvage» pour adopter les critères civilisationnels de leur conquérant. Mais l’empreinte autochtone demeurerait toujours en nous…

 

L’argumentaire aurait été mieux servi si nous n’avions pas eu l’impression que tout le projet n’est qu’un prétexte à se vautrer dans le mythe du progressisme québécois. En réalité, L’Empreinte ne devrait pas être décrit comme un documentaire socio-historique mais plutôt comme une fresque audiovisuelle où s’enchaînent sans répis des symboles d’une culture québécoise fantasmée. Roy Dupuis, incarnation suprême du surmoi national, rencontre tour à tour un  boss rieur et parlable ayant fondé une coopérative forestière, une maman chaleureuse qui travaille dans le communautaire et qui est gentille avec les pauvres, un proprio de Canadian Tire qui laisse un ado ayant volé des cannettes de Monster s’en tirer avec une lettre d’excuse ou deux lesbiennes se mariant devant un officiant muni d’un ipad. Tous ces Québécois sont portés à l’écran avec la prétention de démontrer par les faits que «notre peuple» est égalitariste, tolérant et solidaire. Lorsqu’un professeur du HEC apparait et que son nom – Mehran Ebrahimi – s’affiche à l’écran, le public retient son souffle! Ça sonne arabe! La boîte de Pandore des accommodements raisonnables sera-t-elle ouverte et le racisme québécois enfin exposé? Saint Ski-doo! Que Dieu nous en préserve! Monsieur HEC est plutôt là pour affirmer, sans rire, que la culture d’entreprise québécoise est marquée par un esprit de collaboration. Le paroxysme de cette complaisance est sans doute atteint lorsque la juge Louise Otis affirme considérer «très intéressant» le parallèle entre les formes de justice réparatrice propre aux peuples autochtones et la possibilité, pour les Québécois, de demander une conciliation devant juge, en marge du processus institutionnel. Les trop nombreux lecteurs de la Conspiration dépressioniste ayant mis les pieds au Palais de justice pourront sans doute témoigner que, grâce à ce privilège, ils s’y sont senti comme au cœur d’un authentique cercle de guérison et qu’une véritable réjuvénation de leur attachement à la communauté a été opérée.

 

Le versant plus intello du propos est assuré par des intervenants qui n’épatent guère davantage. Une psychanalyste à deux cents affirme sans ambages – en touchant son cœur, s’il vous plaît – «me semble qu’on a tous un petit côté sauvage, non?». Est-il seulement possible de ne pas céder face à de tels arguments? Un professeur de science politique a conduit des simulations de type «jeu de rôle où l’on s’échange des dollars fictifs» d’où il dégage la conclusion que les québécois sont de nature plus égalitaristes. Une poétesse Abénakis conjecture avec Roy Dupuis sur le fait que le personnage d’Alexis dans Un homme et son péché avait un petit queq’chose d’Améridien en dedans de lui… Et il y a aussi Luc Godbout. La pauvreté de la démonstration est à ce point handicapante qu’au lendemain de la première, Gérard Bouchard s’est senti obligé d’intervenir dans La Presse pour rectifier le tir et contester l’hypothèse d’un métissage biologique et culturel significatif. Ceux qui souhaitent en apprendre sur l’histoire de la colonisation seront par ailleurs déçus. Toute trace de violence ou de conflictualité est évacuée du récit colonial et l’établissement de la Nouvelle-France y est présentée comme une grande «rencontre» faite sous le signe de «l’échange».

 

Serge Bouchard et Denys Delâge sont les deux seules figures proposant autre chose que des conjectures, du feeling ou de l’anecdote. Leur argumentaire repose malheureusement sur une vision de l’identité complètement déconnectée de l’urbanité, voire de la contemporanéité. Nous avons été surpris de ne pas retrouver dans l’Empreinte des passages que nous aurions cru obligés, comme une entrevue avec des participants du projet Wapikoni-les-indiens-sont-cool-eux-aussi-mobile. Où sont, dans cette «identité», les douchebags de Granby qui espèrent impressionner les chicks avec leur nouveaux crewneck des Dead Obies? Où sont les immigrants? Où sont les «X» criant à la liberté du capital et à la décapitation de la social-démocratie? Où sont les Autochtones d’aujourd’hui? Dans l’Empreinte il n’y a que des fermiers qui placent leur maigre pécule chez Desjardins et des «bons sauvages» encore habillés en plumes. Même si vous avez un autre métier, l’origine vous poursuit, l’empreinte vous marque. Cette mascarade est soutenue visuellement par l’appareil vestimentaire de Roy Dupuis composé exclusivement de chemises carottées (une rouge, une bleu et une brune) de même que par la scénographie et la direction photo (poêles à bois Bélangers en arrière-plan, clôtures en bois de grange, forêts d’épinettes…).

 

Tenter de faire contrepoids aux biais coloniaux et religieux dans l’écriture de l’histoire du Canada-Français est un objectif noble. Il est toutefois entrepris maladroitement et, surtout, superficiellement dans ce film qui se voit attribuer la note de deux arcs à flèches sur cinq. Nous le recommandons aux profs de Cégep souverainistes et aux madames qui veulent fantasmer au terroir en voyant Roy lire des livres des Éditions Boréal sur un patio de maison de campagne en Estrie. Le film sera bientôt  disponible en location sur Éléphant et dans les coopératives agricoles participantes.

B.M.

 



Courrier reçu aujourd'hui

5 Mar 2015


Conspiration chérie,

Alors que j'entamais mon périple dans le labyrinthe de ma première demande de chômage (il parait que les suivantes sont plus faciles) j'ai rencontré cette liste des «évènements de la vie» sur le site de service Canada. Je trouve son équilibre entre la brièveté et l'exhaustivité assez séduisant. N'a t-on pas dans cette liste d'évènements vous amenant à avoir affaire à service Canada une belle liste des possibilité existentielles de l'être-là contemporain? J'ai cru que cela pourrait être une source d'inspiration.

Bien à vous,

Un chômeur.




La Conspiration youppiste !

12 Nov 2013


" Je compris ainsi que durant une longue décennie, une éclipse avait plongé mon esprit dans les ténèbres du nihilisme. Mais le soleil du bonheur avait enfin réclamé ses droits. En réalité, compris-je avec étonnement, toute chose en notre société nous procure une si puissante inclination à faire des high-fives avec des inconnus que nous sommes constamment contraints de jouer au freesbee avec des chiens heureux.

J’avais enfin trouvé le fondement immuable pour une science entièrement nouvelle propre à remplacer la vétuste doctrine qui polluait mon esprit. Cette science nouvelle, je l’appelai Youppisme.

Et désormais mon regard, pur de toute contamination dépressionniste, pouvait se porter à neuf sur les choses et en saisir l’essence véritable l’éternel et silencieux «Youppi!» qui relie en une seule substance trippante et fait vibrer au rythme du fun infini tous les êtres de la création."

- "La révélation youppiste"



Élections : Lisier en faveur du refus de la divulgation des itinéraires des enveloppes brunes

26 Mar 2013


Le ministre des Relations internationales et du Commerce extérieur, Jean-François Lisier. 

Le ministre responsable de la région montréalaise, Jean-François Lisier, s'est prononcé mardi contre les règlements municipaux qui obligeraient les candidats aux élections, municipales et syndicales, à dévoiler l’itinéraire de leur corruption, de leurs trajets habituellement criminels (fausses factures, corruptions, enveloppes brunes, mensonges et promesses électorales non-tenues) à la police à Montréal et Québec.

Malgré la réserve affichée par la population à ce sujet, M. Lisier n'a pas hésité à plaider pour le caractère raisonnable de cette mesure.

Dès après leur élection, les péquistes s'étaient pourtant empressés de promettre une totale transparence sur ce sujet après l’abrogation du projet de loi 78 qu'ils ont amplement dénoncé durant la campagne électorale. La corruption pratiquée ces dernières années par tous les partis politiques, y compris le PQ, convaincra les plus sceptiques que le poste de ministre responsable de la région montréalaise a aussi son prix qui est de faciliter les trafics d’influence dans ces deux villes.

Profitant de l'impulsion de cette prévisible mansuétude, les autorités de Québec et Montréal n’imposeront à aucun membre de leur personnel, qu’il soit politique, syndical ou policier, la nécessité de divulguer l’itinéraire des enveloppes brunes et les trajets criminel des élus et entendent supprimer ou freiner efficacement toute enquête sur la corruption active et passive si commune dans leurs administrations.

En se rendant à une réunion des députés péquistes à l'Assemblée nationale, M. Lisier et son collègue à la Sécurité publique, Stéphane Bergerien, ont répondu aux demandes formulées par la CAQ et le Parti Libéral au cours des derniers jours pour que la position gouvernementale s'aligne sur celle des deux villes.

M. Bergerien s'est limité à affirmer que les péquistes avaient raisonnablement menti en promettant le contraire mais posés les gestes appropriés lorsqu'ils ont pris le pouvoir par défaut, en septembre dernier, parce qu'ils croient au droit fondamental des élus à accepter toute enveloppe brune.

Le ministre a cependant concédé que la population pouvait juger nécessaire que les policiers obtiennent les trajets des enveloppes brunes avant le départ des mandats électoraux, mais qu’elle n’avait aucun moyen de l’empêcher « puisque nous avons le pouvoir et la police avec nous ». 

M. Bergerien a cependant évité de faire plus de commentaires en rappelant qu'une contestation du règlement montréalais P-69 a été logée devant la Cour supérieure.

Lundi, le cabinet du ministre des Affaires municipales, Sylvain G. Laudateur, avait présenté la même position réservée.

Mais M. Lisier a plutôt conseillé aux élus qui prévoient de défiler devant la commission Charbonneau à Montréal, où les policiers ont effectué plusieurs arrestations récemment, de refuser de donner le trajet de leurs enveloppes brunes aux policiers.

Selon le ministre, il faut la compréhension de tous puisque l'exigence des municipalités est beaucoup moins sévère que ce qui était prévu dans le projet de loi 2666, qui est devenu la loi 3% à son adoption.

 

« C'est absolument raisonnable d’autoriser la corruption et j'implore les élus, a-t-il dit. Une  corruption, ce n'est pas spontané, c'est organisé, c'est appelé à toute heure en politique. Donc, qu'ils donnent l’itinéraire des enveloppes brunes, tout simplement non, et que ça se passe dans le calme ». Le ministre Lisier a précisé que cela le renvoie à son histoire personnelle, « à ma propre conscience, et à ma propre conscience sociale. Cela me renvoie au principe d'exemplarité ».

La PRESSE DÉPRESSIONNISTE




Ce que la crise m’a appris

20 Aoû 2012


Une autre belle chronique de RICHARD MARTINI

Ce que la crise m’a appris

Depuis quelques jours, je me repose sur le plateau Mont
Royal, loin de Québec, des caquistes, des quatre par quatre,
des regards haineux et des menaces.
Pour la première fois depuis quatre mois, je peux enfin déambuler
librement avec mon carré rouge sans craindre de me faire insulter
ou haranguer.

La paix. La sainte paix.

FEU LE DÉBAT PUBLIC

Dans quelques mois, on va se pencher sur cette période bizarre
de notre histoire récente, et on va se dire : « Coudon, quand est-
ce qu'on est devenus séniles comme ça? Comment expliquer
une telle dérive autoritaire, une telle violence étatique? Le
conseil du patronat a-t-il versé du Red Bull dans les aqueducs de
Québec? Lucien Bouchard nous a-t-il hypnotisés sans que nous
le sachions? »

Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses durant cette
crise.

1) L'extrême droite a la démocratie et le débat public en horreur.
Nos adeptes de Thatcher me font penser à ce que disait
Goëring: "Dès que j'entends le mot culture, je sors mon révolver."
La liberté d'expression, pour eux, ne s'applique qu'à ceux qui font
partie de la sainte famille des chroniqueurs de Quebecor. Les
autres n'ont pas le choix d'être aspirés par le vortex des médias
sociaux parce qu'aucun média corporatiste ne va publier ce qu'ils
auraient à dire.

2) Malgré ses dehors vénaux et affairistes, le petit monde du
showbiz a tendance à être à gauche et tout le monde s'en
sacre sauf Martineau qui, depuis qu'il a quitté le Voir et rejoint
Quebecor, se sent mis au ban de la communauté.

ANALPHABÉTISME

3) Les Québécois sont analphabètes. Ils ne savent absolument
pas faire la différence entre une chronique de Martineau et
une analyse rationnelle. Pour eux, la gauche c'est la violence,
l'intimidation et les fenêtres pétées, alors que la droite c'est le bon
sens, la virilité et le sens des responsabilités. Plus caricatural, tu
meurs. On dirait une revue porno.

4) Les médias corporatistes sont des machines de propagande,
l'équivalent capitaliste de la Pravda en Union Soviétique.
Avant, les gens de droite déliraient sur les plateformes de droite,
maintenant ils possèdent l'espace public au grand complet et
des millions de boîtes crânienne à remplir, ils vomissent sur les
médias sociaux mais croient tout ce qu'ils lisent dans Le journal
de Montréal.

LA MEUTE

5) Il n’y a rien de plus fragile que la paix sociale. Longtemps,
je me suis demandé comment des gens qui vivaient sous un
système social pathologique et qui se détestaient depuis toujours
pouvaient, du jour au lendemain, se vouer une haine mortelle
et se poursuivre dans les rues, machette à la main et bave aux
lèvres.
Maintenant, je sais. Des gens que Martineau croyait être de
bons amis l’ont abreuvé des pires insultes, juste parce que
la convergence de l'Empire Quebecor lui a donné un poids
disproportionné dans l'espace public et qu'il l'utilise pour déverser
quotidiennement son mépris et ses calomnies sur la gauche

québécoise.

6) Il n’y a rien de plus toxique ni de plus dangereux qu’un policier
qui croit défendre l'ordre social.

 

L'ORIGINAL :

http://blogues.journaldemontreal.com/martineau/franc-parler/ce-que-la-crise-ma-appris/

RICHARD MARTINEAU
JOURNAL DE MONTRÉAL, PUBLIÉ LE: LUNDI 25 JUIN 2012, 22H36 |
MISE À JOUR: LUNDI 25 JUIN 2012, 22H39