Élections : Lisier en faveur du refus de la divulgation des itinéraires des enveloppes brunes
Faisons le choix de la révolution néolibérale !
La Conspiration dépressionniste # 8
La Conspiration dépressionniste #7 à Québec
La Conspiration dépressionniste N°7
Les aventures de BERLIN le désenchanteur
Appui au Centre Social Autogéré
Nouvelles dépressionnistes - Octobre 2007
La vérité imprimée et disponible
LA CONSPIRATION DÉPRESSIONNISTE IV
26 Mar 2013
20 Aoû 2012
Une autre belle chronique de RICHARD MARTINI
Ce que la crise m’a appris
Depuis quelques jours, je me repose sur le plateau Mont
Royal, loin de Québec, des caquistes, des quatre par quatre,
des regards haineux et des menaces.
Pour la première fois depuis quatre mois, je peux enfin déambuler
librement avec mon carré rouge sans craindre de me faire insulter
ou haranguer.
La paix. La sainte paix.
FEU LE DÉBAT PUBLIC
Dans quelques mois, on va se pencher sur cette période bizarre
de notre histoire récente, et on va se dire : « Coudon, quand est-
ce qu'on est devenus séniles comme ça? Comment expliquer
une telle dérive autoritaire, une telle violence étatique? Le
conseil du patronat a-t-il versé du Red Bull dans les aqueducs de
Québec? Lucien Bouchard nous a-t-il hypnotisés sans que nous
le sachions? »
Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses durant cette
crise.
1) L'extrême droite a la démocratie et le débat public en horreur.
Nos adeptes de Thatcher me font penser à ce que disait
Goëring: "Dès que j'entends le mot culture, je sors mon révolver."
La liberté d'expression, pour eux, ne s'applique qu'à ceux qui font
partie de la sainte famille des chroniqueurs de Quebecor. Les
autres n'ont pas le choix d'être aspirés par le vortex des médias
sociaux parce qu'aucun média corporatiste ne va publier ce qu'ils
auraient à dire.
2) Malgré ses dehors vénaux et affairistes, le petit monde du
showbiz a tendance à être à gauche et tout le monde s'en
sacre sauf Martineau qui, depuis qu'il a quitté le Voir et rejoint
Quebecor, se sent mis au ban de la communauté.
ANALPHABÉTISME
3) Les Québécois sont analphabètes. Ils ne savent absolument
pas faire la différence entre une chronique de Martineau et
une analyse rationnelle. Pour eux, la gauche c'est la violence,
l'intimidation et les fenêtres pétées, alors que la droite c'est le bon
sens, la virilité et le sens des responsabilités. Plus caricatural, tu
meurs. On dirait une revue porno.
4) Les médias corporatistes sont des machines de propagande,
l'équivalent capitaliste de la Pravda en Union Soviétique.
Avant, les gens de droite déliraient sur les plateformes de droite,
maintenant ils possèdent l'espace public au grand complet et
des millions de boîtes crânienne à remplir, ils vomissent sur les
médias sociaux mais croient tout ce qu'ils lisent dans Le journal
de Montréal.
LA MEUTE
5) Il n’y a rien de plus fragile que la paix sociale. Longtemps,
je me suis demandé comment des gens qui vivaient sous un
système social pathologique et qui se détestaient depuis toujours
pouvaient, du jour au lendemain, se vouer une haine mortelle
et se poursuivre dans les rues, machette à la main et bave aux
lèvres.
Maintenant, je sais. Des gens que Martineau croyait être de
bons amis l’ont abreuvé des pires insultes, juste parce que
la convergence de l'Empire Quebecor lui a donné un poids
disproportionné dans l'espace public et qu'il l'utilise pour déverser
quotidiennement son mépris et ses calomnies sur la gauche
québécoise.
6) Il n’y a rien de plus toxique ni de plus dangereux qu’un policier
qui croit défendre l'ordre social.
L'ORIGINAL :
http://blogues.journaldemontreal.com/martineau/franc-parler/ce-que-la-crise-ma-appris/
RICHARD MARTINEAU
JOURNAL DE MONTRÉAL, PUBLIÉ LE: LUNDI 25 JUIN 2012, 22H36 |
MISE À JOUR: LUNDI 25 JUIN 2012, 22H39
21 Mai 2012
Faisons le choix de la révolution néolibérale
(http://www.ledevoir.com/societe/education/348958/faisons-le-choix-de-l-excellence-universitaire )
Ce texte est cosigné par :
Lucien-Mom Bouchard,
M. Joseph Fécal,
M. Pierre Fortwit,
Mme Monique Phéromones-Georgette,
M. Michel Muet,
Et d’autres complaisants idéologues de la classe dirigeante
La société québécoise fait face à un choix assez simple, mais qui semble difficile à accepter pour certains : devons-nous rehausser le financement de nos universités et de nos programmes sociaux en demandant à son aristocratie de payer une part raisonnable de leurs coûts?
Pour une forte majorité de Québécois responsables-payeurs-de-taxes, et pour les deux tiers des étudiants politiquement analphabètes, la réponse est non.
La propagande néolibérale et le discours paternaliste de l’état ont fait comprendre à l’opinion publique qu’une société distincte de larbins en Amérique du Nord ne pourra se développer que si nous avons accès à des travailleurs hautement endettés ayant reçu une formation citoyenne de piètre qualité. Les Québécois ont fini par accepter le déséquilibre orchestré de toutes pièces entre l’effort fourni par l’ensemble des contribuables et celui de la classe dominante.
Surtout, une grande majorité de Québécois reconnaissent la nécessité de privatiser ce qu’il reste de nos universités, de refuser le débat sur l'accessibilité universelle aux études, tout en se dotant d’un système bien calibré pour s’assurer de judiciariser les conflits politiques, d’interdire la solidarité et de protéger le temple doré de sa pègre politique.
Voilà le mensonge le plus important.
C’est d’ailleurs ce que nous avons proposé en février 2010, alors que nous unissions nos voix pour signer un Pacte qui réclamait la pérennité d'un système de reproduction des inégalités sociales et la garantie de notre opulence. Nous basions notre proposition sur quatre principes fondamentaux : le mépris social, la fourberie médiatique, la politique de la division et la force brutale déguisée en discours de légitimation.
Dans le but de rapprocher les droits d’abus et de fraudes québécoises de la moyenne canadienne, et de rendre la vie plus difficile à un nombre croissant de citoyens et futurs citoyens, nous avons proposé à l’époque une hausse de 1000 $ par année pendant trois ans. Nous estimions qu’une telle hausse s'avérait nécessaire pour les recteurs et leurs adjoints afin de rattraper le niveau de vie des directeurs de banques, des producteurs miniers, des dirigeants des pétrolières et des marchands d'armes.
Cette hausse devait s’accompagner selon nous d’un engagement formel du gouvernement à ne pas augmenter sa contribution, d’une bonification importante du régime de prêts et prêts, d’un mécanisme de marchandisation accrue de la recherche profitant aux intérêts privés et de la mise en place d’un programme de remboursement qui profitera davantage aux banquiers.
Nous demandions aussi de différencier les droits selon l’établissement universitaire, le niveau d’études et le secteur disciplinaire pour refléter davantage la réalité du marché, les coûts de formation et les rendements personnels variables d'un individu à l'autre, d'un quartier à l'autre, ce qui permettrait de réduire la chance des plus démunis d’accéder aux emplois les plus rémunérateurs et de maintenir le plus bas possible les salaires des secteurs professionnels moins profitables aux investissements privés
Le gouvernement a annoncé dans son budget de 2011 une augmentation des droits de scolarité de 325 $ par an sur cinq ans. Puis, suite à l’entêtement obstiné et au « boycott » des enfants-gâtés, le gouvernement a fait plusieurs concessions, la dernière étant aussi substantielle que la première, ce qui conserve toujours l’augmentation des frais de scolarité. Il a également, comme le démontre éloquemment notre fiscaliste de service, bonifié substantiellement le régime de prêts et prêts, qui profitera au système bancaire, répondant ainsi aux préoccupations liées au financement futur des partis politiques défendant les intérêts de l'opulence québécoise. On peut se réjouir de l’adoption d’une loi spéciale pour mettre fin au conflit permettant au gouvernement d’aller à l'encontre d'un consensus social gauchiste et syndicaliste vieux de 50 ans au Québec selon lequel les étudiants ont le droit de faire la grève.
N’oublions pas que le gouvernement du Québec avait décidé dans son budget de 2010 de sauver les apparences, d’augmenter cosmétiquement sa propre contribution à l'éducation supérieure et demandé une contribution supplémentaire du secteur privé afin d'éponger le déficit annuel récurrent des universités, qui était directement lié à des conflits d’intérêts, aux dépenses personnelles de ses cadres et à une mauvaise gestion généralisée dans plusieurs des ses établissements.
Bref, par le biais de nos caniches, de nos marionnettes et de nos laquais oeuvrant dans la sphère médiatique, en déviant l’enjeu social de fond dans une logique comptable, ou encore sur des sujets comme le port du masque, tous ont été appelés à mettre le bras dans le tordeur pour faire sa “juste part”. Au tour des étudiants de s’enliser dans ce mécanisme aliénant d'endettement, de souffrance, de survie et de culpabilité.
Nous écrivions lors de la signature du Pacte que « la situation exige que nous arrivions à faire accepter les termes de notre entente par notre base électorale ». Le temps est venu d’exécuter la sentence et de soutenir la loi spéciale proposée par l’honorable Jean Charest.
Tout le monde aura compris que la contestation étudiante a depuis longtemps dépassé l’enjeu d’une simple augmentation des droits de scolarité: les étudiants sont devenus le bouc émissaire d’une gouvernance stratégique. Le mouvement étudiant est maintenant associé aux anarcho-communistes, aux terroristes, aux marxistes, alors que, soit dit entre nous, l’ampleur des perturbations sociales que le gouvernement alimente par son orgueil n’entretient aucune mesure avec la simplicité avec laquelle il pourrait par ailleurs geler cette hausse et trouver une voie de sortie du conflit.
Or, il est plus que temps de profiter du vent de droite qui souffle sur le Québec. Pour sauver la paix sociale, il est grand temps de prôner une répression de la contestation. Il faut rétablir l’ordre, les étudiants doivent retourner en classe et tous les efforts doivent être déployés pour sauver le bon roulement de l’économie déjà terriblement compromis par ces fâcheux événements. Voici une autre situation où, au-delà de toute allégeance politique, la population doit donner son appui à l'État néolibéral.
De toute façon, d’éventuelles élections donneront aux citoyens l’occasion de voter pour un autre parti représentant les intérêts de l’oligarchie au pouvoir, ce qui permettra de faire durer encore plus longtemps cette loi spéciale et fera reposer la responsabilité de ce gâchis sur les épaules des étudiants contestataires. C’est ainsi que les sociétés démocratiques résolvent leurs conflits politiques et font leurs arbitrages en matière de justice: dans la répression de la rue, dans le mépris de ses jeunes, dans la diversion et la tartuferie.
Heureusement, il s’est trouvé parmi eux des étudiants avec un carré vert pour judiciariser le conflit puis détourner le débat de fond et, du même coup, se montrer digne des leaders politiques du gouvernement autoritaire de demain. Incidemment, malgré la présence gênante d'une statue de Gandhi au parlement, ne devons-nous pas attendre de ces jeunes responsables qu’ils fassent leur apprentissage du monopole de la violence légitime en dénonçant les adeptes de la désobéissance civile, en justifiant la répression policière, en réclamant le droit à l’éducation par des injonctions et en épousant un discours paternaliste brutal et foncièrement égoïste?
8 Mai 2012
1- Le Martineau est porteur du sens de notre histoire comme Napoléon entrant sur son cheval à Iéna : selon Hegel, l'Empereur incarnait à ce moment l'universel dans la particularité de sa personne. Ainsi en va-t-il du Martineau.
2- Étudier les propos du Martineau est sans intérêt et le réfuter est impossible parce qu'il est irrationnel. Ce ne sont d'ailleurs pas ses convictions ou ses valeurs de droite qui sont irrationnelles, c'est le Martineau qui est irrationnel. De chaque phrase du Martineau, il faut se demander s'il s'agit d'un sophisme. Des pans entiers de la réalité sont laissés dans l'ombre, comme s'ils n'existaient pas. Les projecteurs sont braqués sur les faits isolés qui confirment ses préférences. Le Martineau est atteint de cécité sélective extrême. Alors que la grève étudiante donne lieu à des scènes de guerre civile, il s'indigne par exemple de ce que des carrés verts se font huer par des carrés rouges ou de ce qu'un journaliste se serait fait pisser dessus par des manifestants. Mais il ne mentionne pas la violence policière qui brise des os, fend des crânes et envoie des jeunes aux soins intensifs. La brutalité policière? Voyons donc, le Québec n'est pas la Syrie!
3- Argumenter contre le Martineau, c'est comme essayer de remplir une gourde percée. Ses raisonnements et ses stratégies de défense sont d'une telle mauvaise foi que la seule option raisonnable est de s'enfuir en courant. Mais il est partout. Pierre-Karl lui a conféré le don de l'ubiquité. Il est à la télévision quand on attend à la clinique. Sur la première page du journal au dépanneur. Bientôt sa grosse face sera étampée sur les boites de céréales. Nous sommes prisonniers du Martineau. Puisque nous ne pouvons pas le fuir, il ne nous reste comme options que de nous défendre ou de psychosomatiser.
4- Le trait caractéristique des propos du Martineau, c'est qu'ils ont pour sujet le Martineau lui-même. Il est coincé dans une logorrhée autoréférentielle à faire bander un psychiatre. Il renvoie constamment à ses propres textes en s'imaginant que le lecteur connait son "oeuvre" comme si on se devait d'avoir lu "tout Martineau". Il est son propre critère de validité logique.
Le propre d'une pensée déviante, c'est qu'il faut la réajuster à chaque fois qu'elle subit l'épreuve de la réalité. C'est pourquoi le Martineau revient sans cesse sur ses propos en les amendant avec des arguments ad hoc. Ce n'était pas le fait que des étudiants grévistes buvaient de la sangria qu'il critiquait, c'était le fait qu'ils la buvaient dans Outremont.
Ah, ouf! Et dire qu'on pensait que tu venais de dire une connerie!
5- Le seul sujet du Martineau, c'est l'idée que les gauchistes sont des imbéciles qui ne comprennent pas que c'est le Martineau qui a raison. Il est enfermé dans un solipsisme qui doit d'ailleurs commencer à inquiéter ses amis. On pourrait imaginer qu'une solide raclée dialectique le ramènerait à ses sens : avec la bonne grâce de celui qui accepte de nettoyer les chiottes, Normand Baillargeon s'est essayé à décortiquer les inepties d'un argumentaire typique du Martineau. Nous y renvoyons tout en remerciant bien bas l'auteur de cette corvée. [1]
C'est cependant peine perdue. Il est trop tard. Les intellectuels n'ont jamais pris le Martineau au sérieux et ne lui ont pas cloué le bec au moment où il fallait le faire, c'est-à-dire il y a dix ans. Maintenant, nous avons franchi un seuil. Nous ne sommes plus dans l'espace du débat argumentatif. À ce niveau de démagogie, celui qui respecte les règles de la chevalerie intellectuelle est plus catholique que le pape.
Seule la psychanalyse peut encore nous sauver. Voici en effet un gars qui offre le spectacle quotidien de son combat contre ses démons en plein sur la place publique. Un paranoïaque qui attaque les hypostases de son propre esprit dans le journal et à la télévision. Il provoque les gens et s'ils se défendent, il pousse les hauts cris comme un pyromane qui s'indignerait de l'incendie qu'il a allumé.
Le Martineau est incapable de se dépêtrer d'une grave maladie de l'orgueil qui se nourrit pathologiquement de l'opposition qu'elle suscite. Nous n'aurions pas besoin de nous en soucier si la machine Quebecor ne donnait à ce phénomène clinique une dimension nationale. Mais nous sommes dans la situation où une convergence médiatique sans précédent séquestre toute une population et la livre impuissante aux agressions incessantes d'un sycophante survolté. Sa maladie est devenue notre maladie. Aussi, c'est tous ensemble que nous devons guérir.
6- Si nous partons du principe selon lequel c'est la structure qui détermine la performance, le problème du Martineau devient limpide. Essentiellement, le Martineau est un ti-coune disposant de moyens de production qui le transcendent.
Plus jeune, le Martineau était plein de promesses paraît-il. Des gens bien intentionnés l'ont encouragé, lui ont donné des prix et lui ont dit qu'il deviendrait un grand intellectuel. Serait-ce que son succès fut prématuré? Toujours est-il qu'il est devenu maître dans l'art de déblatérer avant d'avoir quelque chose à dire. Il se destinait à la carrière de "chroniqueur controversé" et il a décidé d'adopter une posture de droite qui convenait à son envie d'être un rebelle. Il savait d'ailleurs qu'elle fournirait le prétexte pour un tas de textes politiquement incorrects de 250 mots. Mais son succès même est devenu son ennemi. Le temps qu'il devrait utiliser pour trouver quelque chose à dire, il est obligé de l'utiliser pour le dire. Son omniprésence médiatique n'est évidemment pas compensée par l'omniscience qu'elle présuppose. Cette situation est inédite. Même une personne intelligente serait incapable de remplir tout cet espace avec des idées. C'est pourquoi le Martineau y a depuis longtemps investi sa personne. Il ne défend pas une vision du monde. Il défend son ego.
7- Le Martineau est un parvenu de l'esprit qui s'enfonce dans la vulgarité ostentatoire à la manière typique du yuppie dont les parents étaient des illettrés. C'est un piéton perdu dans le monde des idées. Il ne comprend rien aux panneaux de signalisation. Il s'imagine par exemple qu'une citation de Raymond Aron glanée dans une réunion du réseau Liberté Québec pourrait justifier a posteriori les kilomètres de foutaises qu'il a déroulés dans ses chroniques, blogues, capsules et autres tweets.
Son ascension dans l'empire Quebecor fut sa consécration en même temps que sa chute. Il est maintenant lu et vu par des millions de personnes. Mais il n'est pas satisfait. Non : ce n'est pas ce que son âme désire. Ce que voudrait le Martineau, c'est la reconnaissance bien avant l'audimat. Il voudrait être accepté parmi ses "pairs" et confirmé comme intellectuel. Jouer dans les grosses ligues. Mais il est ontologiquement pee-wee. Tous les intellectuels sans exception méprisent le Martineau, y compris ceux de droite. Aux yeux de ces derniers, il est l'équivalent du sale casseur qui fait chier tous les autres manifestants. Il les rend constamment coupables par association. Comparer quelqu'un au Martineau est presque devenu un sophisme répertorié. Comme l'a remarqué Pierre Foglia qui s'est fait traiter de sous-Martineau, c'est d'ores et déjà une insulte.
8- La célébrité est un couteau à double tranchant : l'humiliation sans cesse recommencée du Martineau se déroule dans l'espace public. Il ne faut pas chercher ailleurs la source de son ressentiment. Son débit est de plus en plus rapide, sa voix de plus en plus haut perchée, sa pensée de plus en plus circulaire : il perd le contrôle. Il oublie qui il est, où il est, ce qu'il fait. Il a essayé d'en découdre avec le maître. Jacques Vergès. C'était ridicule. Un dilettante contre un virtuose. Il faut un manque de lucidité surréaliste pour s'attaquer à ce Paganini de la rhétorique. "Ce monsieur n'est pas très intelligent", en a conclu Vergès fort à propos.
9- Il y a au moins cette consolation que le Martineau est puni pour ses crimes. Sa punition, c'est le fait d'écrire dans le Journal de Montréal. Imaginez la honte. Le Martineau est du genre à écouter de l'opéra italien en dégustant un Sauternes. La beauté émeut le Martineau et le fait peut-être même pleurer. Mais il est admiré par des jocks amateurs de Monster Trucks, des épais qu'il méprise et qu'il n'inviterait jamais à sa table. Et il est rejeté par ceux avec qui il aurait voulu être ami.
Admis au party des douchebags puis invité à une procession des X sur la Grande-Allée, le Martineau se met à douter. Le Martineau a l'impression que personne - personne sauf Éric - ne le comprend. C'est la source psychique de son acharnement.
Il a accédé transversalement à l'élite du Québec et il est devenu un roi-nègre comme Falardeau en montre à l'oeuvre dans Le temps des bouffons. Du haut de son trône, il ne comprend pas l'agitation des fourmis humaines écrasées par son poids. Mais parce qu'il n'a pas la génétique de l'élite, le Martineau ne se sent pas non plus à sa place. Il est et il reste un pure-laine rongé par la culpabilité de l'usurpateur. Il se bat contre sa souffrance en la matérialisant sous la forme d'un ennemi objectif, le "gauchiste", une vapeur qu'il pourfend inutilement de ses coups. Le Martineau peut bien se défendre d'être antisémite ou antimusulman, il est un antigauchiste déclaré, un croisé qui projette tout son fiel sur les fantômes de son esprit, auxquels il associe des individus réels. Dans les pages du Journal de Montréal et sur les ondes de TVA, il nomme des noms et il pointe des gens du doigt. Il est atteint de la furie du délateur qui confond sa haine avec la justice. Il n'y a plus qu'une chose à lui dire.
10- Ta gueule, Martineau.
La Conspiration dépressionniste
[1] http://voir.ca/normand-baillargeon/2012/04/02/argumentation-101-avec-richard-martineau/
13 Jan 2012
